Municipales 2020 : Retraits, alliances, dissidences… Comment La République en marche aborde le second tour

POLITIQUE Après un premier tour des municipales décevant, la majorité aborde le second avec une stratégie à géométrie variable

T.L.G.

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Sébastien Lecornu et Stanislas Guérini
Sébastien Lecornu et Stanislas Guérini — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
  • La République en marche a obtenu des résultats décevants au premier tour des municipales.
  • Pour le second tour le 28 juin, le parti présidentiel n’a pas édicté de stratégie d’alliance au niveau national.
  • Dans plusieurs villes, LREM a fait le choix d’un rapprochement avec la droite.

Les équipes sont désormais bouclées. Les candidats au second tour des municipales avaient jusqu’à ce mardi soir à 18 h pour déposer leurs listes finales en préfecture, avant de reprendre une étrange campagne, bouleversée par le coronavirus. Ces derniers jours, les tractations ont donc redoublé afin de remporter des mairies au soir du 28 juin. Qu’en est-il de La République en marche ? Le parti d’Emmanuel Macron maintient son objectif de faire élire 10.000 conseillers municipaux, mais ses espoirs de conquête de grandes villes sont minces. Après un premier tour délicat, LREM a opté pour une stratégie à géométrie variable, entre désistements et alliances au cas par cas.

Quelques désistements, notamment à Perpignan pour « faire barrage » au RN

« Face au Rassemblement national, notre stratégie est claire. On ne veut pas être le marchepied du RN, donc si notre candidat est troisième ou plus, on se retire », nous disait un cadre du parti avant la campagne. Ce choix s’est notamment illustré à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Romain Grau, candidat LREM arrivé en 4e position le 15 mars a annoncé son désistement afin de « faire barrage » au député RN Louis Aliot, arrivé largement en tête (35,6 % des voix) devant le maire LR sortant Jean-Marc Pujol (18,4 %). Des candidats LREM ont aussi jeté l’éponge après des scores décevants dans des villes où le RN n’est pourtant pas en mesure de l’emporter. C’est notamment le cas à Montauban (Tarn-et-Garonne) à Albi (Tarn), où à Rouen (Seine-Maritime), sans pour autant donner de consignes de vote.

Des alliances au cas par cas, mais surtout avec la droite

Aucune alliance nationale pour le parti d’Emmanuel Macron dans cet entre-deux tours. Mais dans un entretien au Parisien, paru dimanche, le patron de LREM, Stanislas Guérini, prévient : « Nous aurons renforcé les liens avec des centaines de maires, de gauche et de droite, que nous voulons aider à faire réélire. » Ces rapprochements se feront au cas par cas, et plus généralement avec la droite. C’est le cas à Bordeaux, où le candidat LREM Thomas Cazenave s’est finalement rangé derrière le maire sortant LR Nicolas Florian.

A Strasbourg, Alain Fontanel (LREM) et Jean-Philippe Vetter (LR) ont trouvé in extremis un accord pour faire liste commune au second tour des municipales à Strasbourg afin de contrer l'avance de l'écologiste Jeanne Barseghian au premier tour. Une fusion de liste est également actée entre Eric Faidy (LREM) et Jean-Pierre Brenas (LR) pour emporter la mairie de Clermont-Ferrand, tenue par le PS depuis 1945.

A Lyon, le retrait du maire sortant et candidat à la métropole Gérard Collomb, dans le cadre d’un pacte avec la droite locale, a fait plus de remous. LREM a finalement retiré l’investiture de l’ancien ministre de l’Intérieur et de celle de son poulain Yann Cucherat, candidat à la mairie.

Aucun accord global n’a été conclu entre la droite et les macronistes à Paris. Mais dans le 5e arrondissement de Paris, la LREM Florence Berthout annonce ce mardi avoir déposé une liste « divers droite » pour le second tour et soutiendra… la candidature de Rachida Dati.

Les exemples d’accord entre LREM et la gauche en vue du second tour sont beaucoup moins nombreux. Dreux fait figure d'exception, avec une alliance entre Michaële de La Giroday (sans étiquette), Valentino Gambuto (PS) et Maxime David (LREM) pour contrer Pierre-Frédéric Billet (divers droite).

La délicate question des dissidents et des alliés concurrents

En février, LREM décomptait « une trentaine de dissidences » dans les villes de plus de 9.000 habitants. Le plus illustre d’entre-eux, Cédric Villani, a fait savoir qu’il ne ferait pas d’alliance avec la candidate du parti à Paris, Agnès Buzyn. A Lyon, le ticket dissident Georges Képénékian- David Kimelfeld (ville-métropoles) sera également présent au second tour, après avoir décrié le ralliement des marcheurs « officiels » avec la droite locale. A Annecy, l’alliance de la dissidente et députée ex-LREM Frédérique Lardet avec l’écologiste François Astorg pourrait renverser le maire sortant UDI (soutenu par LREM) Jean-Luc Rigaud.

LREM devait toutefois réconcilier des candidats concurrents au premier tour, bien qu’appartenant à la majorité présidentielle : un accord a ainsi été trouvé avec le MoDem à Saint-Brieuc, ou avec le Mouvement radical à Tours.