D’anciens collaborateurs de la députée Laetitia Avia vont déposer plainte pour harcèlement moral

LREM « Mediapart » a recueilli les témoignages d’anciens collaborateurs de la députée LREM Laetitia Avia, l’accusant de tenir des propos racistes, sexistes et homophobes

20 Minutes avec AFP

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La députée LREM Laetitia Avia à l'Assemblée nationale le 28 juillet 2017.
La députée LREM Laetitia Avia à l'Assemblée nationale le 28 juillet 2017. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Après avoir dénoncé dans Mediapart des humiliations à répétition dans leur travail, d’anciens collaborateurs de Laetitia Avia, préparent une plainte pour « harcèlement moral » contre la députée LREM, a confirmé leur avocate à 20 Minutes, ce lundi.

Avocate et militante de la première heure de LREM, Laetitia Avia est à l’origine de la loi contre les contenus haineux sur Internet adoptée le 13 mai. Mais la semaine dernière, cinq de ses ex-assistants parlementaires ont témoigné dans Mediapart, semant le trouble sur d’éventuelles contradictions entre le discours public de l’élue contre les discriminations et ses pratiques au travail.

Un « tableau mensonger » selon Laetitia Avia

Dans l’article, la députée est accusée de moqueries sur le physique, la tenue vestimentaire de militantes ou d’une élue et d’humiliations, harcèlements et abus de pouvoir sur ses collaborateurs. Sont également évoqués des propos jugés sexistes, racistes ou homophobes dans ses échanges avec son équipe. La députée a annoncé qu’elle allait porter plainte en diffamation contre le journaliste de Mediapart, parlant « d’accusations mensongères » et de « manipulation ».

« Certains (des collaborateurs) sont partis, aucun ne s’est jamais plaint de harcèlement. Presque tous m’ont sollicitée après leur départ, pour me demander des conseils, des recommandations, ou simplement me donner de leurs nouvelles – bien loin du tableau mensonger dépeint par l’article de Mediapart », avait-elle réagi sur Twitter.

La cellule anti-harcèlement de l’Assemblée saisie

Au début du confinement, le même journaliste avait, dans un article publié par Libération, accusé la députée d’avoir « remué ciel et terre pour faire revenir dans la capitale une de ses collaboratrices, malade et en vacances ».

La présidence de l’Assemblée nationale et celle du groupe LREM ont été avisées de l’affaire. La cellule anti-harcèlement lancée en février a également été saisie ainsi que la déontologue. La députée doit prendre la parole lundi soir devant le bureau exécutif de LREM, dont elle est membre, « mais il n’y a pas de convocation ou d’audition inscrite à l’ordre du jour » liées à cette affaire, a appris l’AFP auprès du mouvement.