La députée LREM Laetitia Avia accusée par d'anciens collaborateurs de tenir des propos racistes, sexistes et homophobes

HARCELEMENT La députée de Paris est pourtant la fer de lance d’une proposition de loi contre la haine en ligne

R. G.-V.

— 

Laetitia Avia est la députée du 12e arrondissement de Paris depuis juin 2017. (archives)
Laetitia Avia est la députée du 12e arrondissement de Paris depuis juin 2017. (archives) — Vincent Loison/SIPA

La députée La République en marche de Paris, Laetitia Avia, est accusée par d’anciens collaborateurs et d’anciennes collaboratrices de proférer régulièrement des remarques racistes, sexistes et homophobes. Dans une enquête de Mediapart, publiée ce mardi, ils l’accusent aussi de méthodes de travail harassantes et humiliantes. La députée a annoncé vouloir porter plainte pour diffamation, tout en expliquant que ses propos avaient été détournés.

Il faut dire que ces révélations tombent mal : c’est ce mercredi que la proposition de loi dite Avia contre la haine en ligne doit définitivement être votée par l’Assemblée nationale. Or, d’après les témoignages et documents publiés par Mediapart, les propos publics et privés de la députée seraient assez éloignés des lignes de conduite prônées dans ce texte. Laetitia Avia aurait traité un ancien collaborateur d’origine asiatique comme son « bouc émissaire ». « Elle l’appelait parfois “le Chinois” ou reprenait des clichés racistes pour parler de lui », explique une ancienne collaboratrice. La députée aurait parlé d’un amendement sur les réfugiés LGBT comme de « l’amendement PD » et traité certaines de ses collègues députées de « putes », jugeant leurs vêtements.

« Une manipulation honteuse »

Quant aux conditions de travail, les témoignages parlent « d’un système qui vous broie ». « Elle avait l’habitude de critiquer notre travail ou de nous réprimander devant nos collègues, c’était très humiliant et cela maintenait une concurrence malsaine entre nous », explique l’un d’eux à Mediapart. « Travailler pour elle, c’était être sollicitée de 7 heures à 1 heure du matin. Même le week-end. », rapporte une autre.

La députée a répondu sur Twitter, justifiant certains des propos qui lui sont reprochés et l’exigence dans le travail qu’elle demande à ses collaborateurs et collaboratrices. « Je suis une députée exigeante envers mes collaborateurs, car ils sont bien payés. Dès qu’il me reste de l’argent sur mon enveloppe, je leur verse des primes. Je valorise leur travail », dit-elle dans sa réponse Mediapart. « C’est de la manipulation honteuse, animée par un seul objectif : me nuire et porter atteinte à mon combat politique », estime aussi Laetitia Avia.

Les personne qui ont témoigné dans cette enquête n’ont pas engagé de poursuites judiciaires contre la député mais disent « avoir frappé à toutes les portes ». Selon Mediapart, « la déontologue de l’Assemblée nationale a été saisie au moins six fois sur le cas de la députée » ; « le cabinet du patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, et celui du président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand ont également été avisés d’importants "dysfonctionnements" » ; « la cellule anti-harcèlement de l’Assemblée a également été saisie ». Sans succès.