Martine Aubry soigne ses députés, et prépare son équipe

PARTI SOCIALISTE La première secrétaire du PS est venue promettre aux députés que le parti travaillera «mieux» avec eux... Mais la bataille pour la direction du parti continue, en attendant le Conseil national de samedi...

E.J.

— 

Une amère bataille de chiffres, assortie de menaces de recours en justice, a fait rage dimanche entre les camps Aubry et Royal, la première étant donnée victorieuse d'un cheveu dans la course à la direction du PS, ce que conteste la seconde en réclamant un nouveau vote.
Une amère bataille de chiffres, assortie de menaces de recours en justice, a fait rage dimanche entre les camps Aubry et Royal, la première étant donnée victorieuse d'un cheveu dans la course à la direction du PS, ce que conteste la seconde en réclamant un nouveau vote. — Martin Bureau AFP

Comme dans une réunion de famille. Chacun a fait bonne figure mardi pour la venue de Martine Aubry, venue étrenner son costume de première secrétaire du Parti socialiste auprès des députés socialistes. C'est Jean-Marc Ayrault qui a endossé le rôle de gendre idéal, lançant à la maire de Lille: «cette maison est la tienne!». Une précision qui s'imposait, car Martine Aubry, battue en 2002 n'est pas députée.

Elle a exposé ses idées pour les députés socialistes. Avec une préoccupation forte: «arriver à être un», a-t-elle martelé, en citant comme exemple le plan de sauvetage bancaire, lorsque le groupe parlementaire «est arrivé un matin sans position commune». Selon elle, ce couac ne devra pas se reproduire au sujet de la loi Internet et création. La solution? «Il faut que nous travaillions mieux entre le parti et les groupes».
Encore faut-il que le parti ait nommé sa direction, ce qui est l'objet du Conseil national de samedi, qui doit refermer la séquence du congrès de Reims. A en croire tout le monde, la hache de guerre est enterrée. «Il faut se tourner vers les Français», selon Arnaud Montebourg, «nous avons des devoirs envers les Français», pour Jean-Marc Ayrault, ou encore «se remettre en ordre de marche» dixit André Vallini...

«70% du Conseil national»


Reste à savoir qui intègrera la direction, et sur ce coup-là les choses commencent à se clarifier un peu. «Il y a une majorité politique qui représente 70% du Conseil national. Aux partisans de Royal de dire s'ils sont dedans ou non», explique David Lebon, un des proches de Martine Aubry. À la sortie de la réunion, la première secrétaire confirme l'existence d'un «texte commun» avec les motions de Delanoë et de Benoît Hamon, entamé lors de la nuit des résolutions, et qui devrait être finalisé ce mardi. Ce qui est sûr, c'est que la direction sera moins pléthorique que celle issue du congrès du Mans, qui comptait près de 50 membres. Ce sera «plutôt vers la moitié», selon Christophe Borgel, partisan de Martine Aubry.

Des noms? Officiellement, personne ne demande rien, pas même le fabiusien Claude Bartolone, réputé rude négociateur. Officieusement, un partisan de Martine Aubry confiait lundi matin que les discussions achoppent sur le poste de numéro deux du parti: Delanoë refuse que ce soit Benoît Hamon, et milite pour un de ses proches, Harlem Désir.

 

Cadeau
La première secrétaire a voulu apaiser l'ambiance à la réunion, en offrant un cadeau à Gaëtan Gorce, partisan de Royal, qui fêtait ses cinquante ans. Un symbole à ses yeux de la «confiance et la convivialité qu'il faut qu'on retrouve». Au menu: de la littérature japonaise, «assez violente comme le monde d'aujourd'hui, mais en même temps très poétique»…