Assemblée nationale: L'hypothèse d'une fracture du groupe LREM ressurgit (et pourrait lui faire perdre la majorité absolue)

POLITIQUE L’hypothèse d’un prochain 9e groupe politique à l’Assemblée, composé de « marcheurs », d’ex- « marcheurs » et aussi d’élus attachés à l’écologie, a ressurgi vendredi, sur fond de risque pour LREM de perdre la majorité absolue

20 Minutes avec AFP

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Matthieu Orphelin à l'Assemblée.
Matthieu Orphelin à l'Assemblée. — WITT/SIPA

La République en marche vers la scission ? L’hypothèse d’un prochain 9e groupe politique à l’Assemblée, composé de « marcheurs », d’ex- « marcheurs » et aussi d’élus attachés à l’écologie, a ressurgi vendredi, sur fond de risque pour LREM de perdre la majorité absolue.

Selon Les Echos, 58 députés seraient sur le point de former ce 9e groupe – un record – dénommé « Ecologie démocratie solidarité », autour de Matthieu Orphelin (ex-LREM proche de Nicolas Hulot), Aurélien Taché (LREM) et encore possiblement Cédric Villani (toujours membre du groupe LREM).

La députée Martine Wonner, seule élue LREM à avoir voté contre la stratégie de déconfinement du gouvernement, a été exclue du groupe majoritaire mercredi, accélérant les spéculations autour de cette nouvelle formation, en pleine crise sanitaire. Mais ce membre de l’aile gauche a indiqué à l’AFP ne pas en être à ce stade.

296 membres acctuellement, majorité absolue à 289 sièges

Après son exclusion, les députés LREM et apparentés, présidés par Gilles Le Gendre, comptent désormais 296 membres, contre 314 au début de la législature. La majorité absolue est à 289 sièges. Les départs ont été réguliers, sur fond de conflits sur la ligne ou de désaccord pour les municipales.

L’initiative en gestation « soldera la mauvaise gestion politique et individuelle du groupe » LREM, tacle un député macroniste. Le nouveau groupe pourrait compter une vingtaine de membres, des non-inscrits, quelques LREM, Libertés et territoires voire PS, selon Claire Pitollat, une élue LREM pressentie, qui juge cependant qu'« en plein déconfinement, ça ne (lui) semble pas opportun » de le lancer.

Selon elle, il s’agit par cette initiative de « faire vivre la diversité de la majorité », tandis que d’autres sont dans une ligne moins coopérative avec l’exécutif. Un cadre de la majorité éreinte déjà un « groupe de bric et de broc pour essayer d’exister, un groupe d’orphelins ». Il y voit « finalement une clarification utile de députés qui ne s’étaient pas habitués au dépassement » droite-gauche promu par Emmanuel Macron.

Et selon cette source, « la majorité absolue est un peu un faux sujet car avec le soutien constant du Modem (et) l’appui solide d’Agir, la majorité dans son ensemble est largement assurée ». « Ce n’est pas un coup dur pour Emmanuel Macron », assure encore ce proche de l’Elysée, estimant que les dissidents potentiels « ne semblent pas dans l’opposition frontale ».

Une « émotion bien compréhensible » affirme Le Gendre

Dans un message adressé aux « marcheurs » peu après la parution de l’article des Echos, Gilles Le Gendre fait état d’une « émotion bien compréhensible » créée au sein du groupe majoritaire.

Invitant à « la plus grande prudence » faute d'« annonce officielle », il juge toutefois que l’initiative, si elle se confirmait, « constituerait une double rupture de confiance » envers le président de la République et les électeurs, selon ce message consulté par l’AFP.

« Neuvième groupe ou pas, le gouvernement pourra toujours compter sur une majorité forte pour conduire sa politique », ajoute-t-il, notant que « toute tentative de division ferait obstacle à ce que les Français attendent aujourd’hui de leurs dirigeants ».