Déconfinement : Nice impose le port du masque dans l’espace public à partir du 11 mai

POLITIQUE Cet arrêté municipal sera effectif sur tout le territoire de la commune à compter de lundi, premier jour du déconfinement, a indiqué vendredi le maire (LR) de la ville Christian Estrosi.

20 Minutes avec AFP

— 

Le maire de Nice Christian Estrosi
Le maire de Nice Christian Estrosi — SYSPEO/SIPA

Une décision contre le coronavirus. La ville de Nice a pris un arrêté imposant le port du masque dans l’espace public sur tout le territoire de la commune à compter de lundi, premier jour du déconfinement, a indiqué vendredi le maire (LR) de la ville Christian Estrosi.

« J’ai signé hier le 7 mai un arrêté imposant le port du masque sur l’ensemble des voies publiques, pour toute personne circulant sur le territoire de la commune de Nice, à compter du 11 mai, et cet arrêté est valable jusqu’au 2 juin », a indiqué l’élu au cours d’une visio-conférence.

Contravention de 35 euros en cas d’infraction

Cette obligation s’impose de 08h00 à 20h00, à toutes les personnes âgées de 11 ans et plus. Les infractions à ces dispositions seront punies d’une contravention de 35 euros. L’arrêté a été adressé à la préfecture pour le contrôle de légalité.

Un arrêté identique pris par Philippe Laurent, le maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), avait été retoqué par le Conseil d’Etat le 17 avril. La plus haute juridiction administrative avait estimé que les maires ne pouvaient pas « prendre d’autres mesures destinées à lutter contre la catastrophe sanitaire » que celles décidées par l’Etat, sauf « raisons impérieuses liées à des circonstances locales ».

Le maire de Val d’Isère avait pris un arrêté similaire le 8 avril, avant de le modifier le 14 avril, suite à l’intervention de la Préfecture de Savoie. D'« obligatoire », le port du masque dans l’espace public était devenu « fortement conseillé ».

Un arrêté municipal « illégal » ?

Le 30 avril, Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, avait répété qu’un arrêté du type de celui de Nice ou de Sceaux serait considéré comme « illégal au regard du cadre national ».

Le même jour le ministère de l’Intérieur avait rappelé que si après le 11 mai « le port du masque sera recommandé dans l’espace public (et) obligatoire dans les transports publics, (…) il n’est pas prévu de le rendre obligatoire dans l’ensemble de l’espace public ». « Ce serait aller au-delà des recommandations », avait renchéri le ministre de la Santé Olivier Véran.

Des masques distribués aux habitants de la commune

D’autres maires de grandes villes, comme Gérard Collomb (LREM) à Lyon ou Roland Ries (PS), s’étaient déclarés favorables à l’obligation de porter un masque dans l’espace public, sans aller jusqu’à prendre un arrêté municipal. Le maire divers-gauche de Montpellier, Philippe Saurel, a aussi plaidé pour « le port du masque généralisé de façon permanente », même à « domicile », sans pour autant « envisager de l’imposer » dans sa ville.

A Nice, le port du masque sera également obligatoire dans les transports publics de la ville, suite à la décision nationale prise par le gouvernement, ainsi que dans « tous les lieux publics et lieux susceptibles d’accueillir du public », dont les services publics, précise l’arrêté.

Depuis le 4 mai, deux autres communes de la Côte d’Azur ont déjà largement imposé le port du masque dans leurs espaces publics : Mandelieu-La Napoule, mais uniquement dans les secteurs urbains de la commune, et Cannes, dans les « espaces publics à forte fréquentation potentielle ou ceux à interactions humaines intenses ».

Christian Estrosi a rappelé vendredi que la ville de Nice aura, d’ici à samedi, distribué 615.000 masques en tissu lavables à ses habitants, « soit deux par personne à partir de l’âge de 3 ans », affirmant que « Nice était la seule ville de France où deux masques ont été remis gratuitement à tous les administrés ».