Valéry Giscard d’Estaing accusé d’agression sexuelle par une journaliste allemande

JUSTICE Selon le « Monde » et le « Süddeutsche Zeitung », la journaliste allemande, qui a porté plainte, affirme que l’ancien président français lui a touché les fesses en 2018

P.B.

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L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing le 30 janvier 2020.
L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing le 30 janvier 2020. — Michel Euler/AP/SIPA

Valéry Giscard d’Estaing visé par une plainte pour agression sexuelle. Une journaliste allemande accuse l’ancien chef de l’Etat français, âgé de 94 ans, de lui avoir touché les fesses avec insistance lors d’une séance photo après une interview fin 2018, révèlent Le Monde et le journal Süddeutsche Zeitung. Ann-Kathrin Stracke, âgée de 37 ans, a porté plainte devant le parquet de Paris le 10 mars dernier.

Le directeur de cabinet de Valéry Giscard d’Estaing, Olivier Revol, a indiqué aux deux quotidiens que l’ancien président n’avait « aucun souvenir de sa rencontre » avec la journaliste allemande, précisant : « Si ce qui lui est reproché était vrai, il en serait bien sûr navré, mais il ne se souvient de rien. »

Des accusations corroborées par le cameraman

L’interview consacrée au 100e anniversaire de la naissance de l’ancien chancelier fédéral, Helmut Schmidt, s’est déroulée à Paris le 18 décembre 2018. Selon le récit de la journaliste, elle a demandé à « VGE » de prendre une photo avec lui aux côtés de son cameraman et de sa preneuse de son. C’est là que l’ancien chef de l’Etat lui aurait posé la main sur les fesses. La jeune femme assure avoir tenté de le repousser, en vain. Selon elle, la scène s’est reproduite lors d’une seconde photo, puis lorsque VGE a voulu lui montrer des images d’archives. Elle affirme également avoir reçu « des baisers appuyés sur les joues » au moment des adieux, et que Giscard lui a murmuré à l’oreille : « Träumen Sie süss » (« Faites de beaux rêves »).

Ann-Kathrin Stracke a alerté sa hiérarchie, qui s’est tournée vers un cabinet d’avocats. Selon Le Monde, le cameraman a corroboré son témoignage. La journaliste explique qu’elle a mis un an à porter plainte car elle connaissait mal le système français, mais elle dit avoir été convaincue de la nécessité de le faire dans la foulée du mouvement #MeToo.