Coronavirus : Aide aux jeunes précaires, déconfinement reporté à Mayotte... Qu'a annoncé Edouard Philippe devant le Sénat ?

DECONFINEMENT Le Premier ministre présentait son plan national de déconfinement devant le Sénat

J.-L.D.

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Edouard Philippe au Sénat (archives)
Edouard Philippe au Sénat (archives) — Jacques Witt/SIPA

A ceux et celles qui reprochaient à Edouard Philippe d’avoir trop survolé le volet économique lors de sa présentation du plan de déconfinement mardi dernier, le Premier ministre a mis les points sur les i et sur les euros devant le Sénat ce lundi en présentant son plan de déconfinement. « Le confinement s’est justifié par l’urgence mais son coût social, son coût humain, son coût économique est colossal », a-t-il annoncé en préambule. Avant d’afficher une volonté claire de reprise : « La vie économique doit reprendre impérativement et rapidement, avec des aménagements, avec de la bonne volonté. » Le cap du 11 mai est d’ailleurs devenu celui « du début de la reprise », et non « le temps de l’insouciance ».

Economiquement toujours, l’homme fort de Matignon a multiplié les annonces. Une aide de 200 euros sera versée en juin « aux jeunes de moins de 25 ans, précaires ou modestes, qui touchent des APL, aux étudiants ayant perdu leur travail ou leur stage et aux étudiants ultramarins isolés qui n’ont pas pu rentrer chez eux. » Concrêtement, ce serait ainsi 800.000 jeunes qui seraient concernés.

Le dispositif d’activité partielle pour les entreprises « restera en vigueur jusqu’au 1er juin », puis sera adapté « progressivement ». Le fonds de solidarité sera également prolongé « jusqu’à la fin du mois de mai » pour les entreprises en difficulté.

Mayotte confinée plus longtemps, les offices religieux bientôt autorisés ?

Sur les autres volets de la stratégie nationale, Mayotte, « où le virus circule toujours activement », verra son déconfinement « être reporté ». Un point sera à nouveau fait le 14 mai pour voir si un assouplissement est possible le 18, une semaine après le reste de la France. Mayotte comptabilise actuellement 686 cas, dont 6 personnes en réanimation, et six décès. Toujours sur les Outre-mer, Edouard Philippe a confirmé l’interdiction d’arrivée dans ces territoires et la mise en place systématique d’une quarantaine en cas de nouvel arrivant.

Autre point important : l’autorisation des offices religieux pourrait être avancée au 29 mai, contre le 2 juin au minimum initialement, si les premiers résultats du déconfinement sont encourageants. « Beaucoup de cultes ont fait des propositions, pour concilier le déroulement de leurs réunions avec les exigences de distanciation physique », a-t-il rapporté.

Pas de stocks de masques cachés, martèle Edouard Philippe

Mais que serait une allocution sur le déconfinement sans aborder le sujet des masques ? Le Premier ministre a d’abord voulu éteindre la polémique sur d’éventuels stocks cachés par la grande distribution. « Il n’y a jamais eu de stocks cachés : il y a eu des commandes massives, et il faut un certain temps avant qu’elles se concrétisent », a expliqué le chef du gouvernement. « L’Etat, les collectivités, les entreprises, la grande distribution travaillent main dans la main pour que les masques soient accessibles à tous, sur tout le territoire à partir du 11 mai », a-t-il assuré.

Des masques qui seront d’ailleurs obligatoires pour les collégiens lorsque la distanciation sociale ne sera pas possible. Sur les écoles, le Premier ministre s’est montré ferme, évoquant leurs fermetures comme « une catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescents » et le décrochage scolaire comme étant « probablement une bombe à retardement ».

Enfin, pour conclure, le chef de l’Etat a affirmé son optimiste et sa détermination : « J’ai la conviction la plus inébranlable que nos institutions, nos talents, notre jeunesse, sauront nous en relever avec un surcroît de force et de solidarité. »