Coronavirus : François Baroin propose une « grande conférence sociale » pour relancer le pays

REDEMARRAGE « Pour relancer le pays et voter les textes à venir, il faudra trouver un consensus sur le plan social en essayant d’aboutir à une grande conférence sociale sur le modèle de ce que l’on a connu après 1968 »

20 Minutes avec AFP

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François Baroin
François Baroin — Jacques Witt/SIPA

Pour relancer le pays frappé par la crise du coronavirus, le président de l’association des maires de France (AMF), François Baroin a proposé, ce jeudi dans un entretien au Figaro, d’organiser une « grande conférence sociale ».

« Pour relancer le pays et voter les textes à venir, il faudra trouver un consensus sur le plan social en essayant d’aboutir à une grande conférence sociale sur le modèle de ce que l’on a connu après 1968 », à condition que le gouvernement annonce « très vite (…) l’abandon de la réforme des retraites », a expliqué le maire LR de Troyes, vu par certains responsables LR comme un possible candidat à la présidentielle de 2022.

La relance par « la consommation » autant que par « l’investissement public »

« Ce qui est devant nous est vertigineux. Le choc psychologique, la peur, l’incertitude du lendemain, le rapport à l’autre vont constituer la toile de fond des répliques de cette crise sur le plan économique, social et peut-être politique », a développé François Baroin.

Pour lui, la relance devra se faire autant par « la consommation » que par « l’investissement public, donc très largement par les collectivités locales en mettant en avant quatre secteurs » : l’agroalimentaire, la santé, l’environnement et le numérique. Il écarte la possibilité d’une « augmentation d’impôts couplée à une réduction de dépenses globales », qui serait « contre-productive et certainement récessive » et juge « inatteignable » une « mutualisation des dettes » au niveau européen.

La crise « a mis en lumière l’impuissance de l’État »

Il suggère « une troisième voie originale » qui serait « une dette perpétuelle portée par la BCE (banque centrale européenne) ou par le mécanisme européen (de stabilité) qui pourrait à cette occasion se transformer en fonds monétaire européen ». François Baroin considère comme « justifiée » l’abstention des députés LR sur la stratégie de déconfinement présentée mardi par le Premier ministre, « un plan temporaire qui correspond plus à un confinement allégé qu’à un déconfinement orchestré ».

Il reconnaît qu’Edouard Philippe « semble avoir entendu certaines revendications des maires en prônant la différenciation territoriale, la souplesse et l’adaptation locale ». Il prône à cet égard « une profonde et puissante décentralisation sur de très nombreux sujets ». « C’est le premier enseignement de cette crise : elle a mis en lumière l’impuissance de l’État », dit-il. Il écarte un gouvernement d’union nationale qui serait, selon lui, « une mauvaise idée qui ne ferait que renforcer les extrêmes ».