Coronavirus : LREM veut assouplir les critères d’éligibilité à l’assurance-chômage

EMPLOI Le ministère du Travail veut négocier avec les partenaires sociaux, alors que le taux de chômage s'envole

20 Minutes avec AFP

— 

Stanislas Guerini, patron de La République en marche.
Stanislas Guerini, patron de La République en marche. — UGO AMEZ/SIPA

La République en marche prête à faire machine arrière, au moins le temps du coronavirus? LREM s'est prononcée lundi soir pour la «rediscussion avec les partenaires sociaux d'un assouplissement des critères d'éligibilité à l'assurance-chômage», lors d'un bureau exécutif du parti. Reflet du choc violent du confinement sur l'économie, le nombre de chômeurs a enregistré en mars une hausse historique sur un mois: +7,1%. Plus de 10 millions de salariés sont également au chômage partiel.

Le ministère du Travail avait déjà annoncé lundi vouloir engager «une réflexion avec les partenaires sociaux» pour «adapter rapidement» les règles d'assurance chômage. Au début de la crise, l'exécutif a suspendu jusqu'en septembre le second volet de sa réforme qui durcit le calcul de l'allocation pour les travailleurs précaires, et qui devait entrer en vigueur au 1er avril. En revanche, la règle déjà entrée en vigueur au 1er novembre, qui durcit les conditions d'accès (avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de 4 mois sur 28) et de rechargement des droits, est toujours valable.

«Mieux accompagner les chômeurs»

Selon le patron de La République en marche, Stanislas Guerini, «cette réforme porte un grand nombre d'éléments importants qui viseront à un meilleur accompagnement des chômeurs». «Elle est nécessaire mais une discussion avec les partenaires sociaux notamment sur l'assouplissement des critères d'éligibilité est importante car nous ne devrons laisser aucun citoyen sur le bord de la route», a-t-il poursuivi.

Dans un communiqué, le mouvement présidentiel estime que «force est de constater que d'autres mesures vont être nécessaires pour protéger celles et ceux qui se retrouvent et se retrouveront sans emploi du fait de la crise». «En cette période, l'enjeu essentiel est de donner accès à l'assurance-chômage et de prolonger les droits de ceux qui arrivent à échéance afin de protéger tous les demandeurs d'emploi», poursuit-il.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait démenti lundi dans Le Parisien un abandon pur et simple de la réforme de l'assurance chômage, expliquant qu'«on ne peut rien décider avant d'observer concrètement ce qui se passe dans la vie actuelle des salariés, des demandeurs d'emploi. Sans aucun a priori». Les syndicats réclament pour leur part l'abandon de cette réforme décidée l'année dernière alors que le chômage reculait.