Coronavirus : « Aucune recommandation scientifique » pour faire porter des masques aux enfants, selon Olivier Véran

ECOLE « Je considère que c’est très compliqué de demander à un enfant de 10 ou 11 ans, qui est à l’école primaire, d’aller porter un masque toute la journée », estime le ministre de la Santé

20 Minutes avec AFP

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Olivier Véran, le ministre de la Santé.
Olivier Véran, le ministre de la Santé. — LUDOVIC MARIN-POOL/SIPA

Estimant que c’est « très compliqué » de faire porter des masques à des enfants, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué ce vendredi sur France Inter qu’il n’y avait « aucune recommandation scientifique » en ce sens.

« Je considère que c’est très compliqué de demander à un enfant de 10 ou 11 ans, qui est à l’école primaire, d’aller porter un masque toute la journée, à l’intérieur, en extérieur, de jouer avec dans la cour de récré quand on va commencer à dépasser les 30 °C », a-t-il expliqué, interrogé sur le dispositif sanitaire prévu pour la reprise de l’école.

Des masques pour les professeurs ?

« Je pense que pour les enfants, nous devons insister sur les gestes barrières, le lavage des mains, tousser dans le coude », a-t-il poursuivi. « Il n’y a aucune recommandation scientifique qui dise qu’il faille faire porter des masques à des enfants », a-t-il ajouté, précisant rester « prudent car depuis plusieurs semaines, les scientifiques changent d’avis, du coup nous-mêmes, nous adaptons notre politique ».

Selon Olivier Véran, le pays dispose de « dizaines de millions » de masques chirurgicaux pour les enfants malades ou fragiles, « qui sont distribués aux enfants quand cela se justifie ». Interrogé sur le port de masques pour les professeurs, il a estimé que « sous réserve de beaucoup de paramètres », « j’imagine que si on s’apprête à permettre aux Français de porter des masques grand public, il n’y a pas de raison qu’on ne permette pas aux enseignants de les porter ».

Entre 70 et 90 % des particules filtrées

Une rentrée progressive et sur la base du volontariat des parents est prévue après la fin du confinement, le 11 mai. Alors que l’Académie de médecine prône le port de masques dans l’espace public dès aujourd’hui, le ministre a laissé entendre qu’il fallait attendre que les masques grand public préparés par la France soient prêts.

« Faire un masque avec un tee-shirt, c’est donner le sentiment de protection, mais le sentiment de protection n’est pas la protection », a martelé Olivier Véran. Et d’expliquer que si la mise à disposition des masques grand public était plus longue que dans d’autres pays, c’est parce que la France avait « fait le choix de faire développer des masques qui filtrent au minimum 70, ou la plupart du temps 90 % des particules » correspondant aux gouttelettes transportant le virus.