Liliane Marchais, veuve de Georges Marchais, est morte du coronavirus

PARTI COMMUNISTE Membre de la direction exécutive de la fédération CGT des Métaux entre 1960 et 1964, elle avait fait son entrée au sein de la direction du PCF du Val-de-Marne à la même période

20 Minutes avec AFP

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Georges et Liliane Marchais, à la Fête de l’Humanité le 11 septembre 1982.
Georges et Liliane Marchais, à la Fête de l’Humanité le 11 septembre 1982. — AFP

L’annonce en a été faite par l’actuel numéro un du PCF Fabien Roussel en personne. Il faut dire que la nouvelle va replonger le parti dans son histoire. Liliane Marchais, veuve de l’ancien secrétaire général du Parti communiste Georges Marchais, est morte jeudi du coronavirus dans un Ehpad, à l’âge de 84 ans.

« Fais les valises, on rentre à Paris »

Née en 1935 à Malakoff (Hauts-de-Seine), elle avait adhéré au Parti communiste en 1952 et à la CGT en 1953. Membre de la direction exécutive de la fédération CGT des Métaux entre 1960 et 1964, elle avait fait son entrée au sein de la direction du PCF du Val-de-Marne à la même période. Elle continua de siéger au bureau fédéral PCF du Val-de-Marne jusqu’en 1996, puis au comité fédéral.

À partir de la fin des années 1960, Liliane Garcia fut la compagne puis l’épouse de Georges Marchais, emblématique patron du Parti communiste français de 1972 à 1994 et candidat malheureux à l’élection présidentielle de 1981 face à François Mitterrand. Georges Marchais est mort en novembre 1997. Elle avait acquis une soudaine et involontaire notoriété en janvier 1980, lorsque son mari avait lancé à la télévision : « Quand j’ai entendu François Mitterrand refuser de s’engager sur l’existence d’une défense nationale indépendante, j’ai dit à ma femme : François Mitterrand a décidé d’abandonner le programme commun de la gauche. Fais les valises, on rentre à Paris ».

Une femme d’influence

« Liliane avait un caractère bien trempé qui se distinguait par la franchise et la sincérité. Comme tous ceux qui l’ont rencontrée, je me souviendrai toujours de ses yeux bleus, de son sourire toujours présent et de ses éternelles Gitane aux lèvres, comme de la sagesse et de la camaraderie qu’elle apportait dans toutes ses rencontres », a souligné Fabien Roussel dans un communiqué. Le député PCF du Nord a également souligné qu’elle avait « toujours défendu la place des femmes dans les instances de direction du Parti permettant à de nombreuses camarades d’accéder à des postes de responsabilités, au sein de collectivités comme au sein du » PCF.

Le chef de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui assuré de sa « compassion émue et solidaire » les enfants de la défunte et « la famille communiste », au nom des groupes parlementaires insoumis.

Dernier fait d’armes de Liliane Marchais : en février 2015, elle avait attaqué la mairie de Villejuif, fief communiste que la droite avait enlevé au PCF un an plus tôt, après la décision de la municipalité de débaptiser le parvis Georges-Marchais. Les juges avaient donné raison à la veuve du leader communiste.