Coronavirus : « En quittant le ministère, je savais que la vague du tsunami était devant nous », reconnaît Agnès Buzyn

PANDEMIE La candidate LREM à la Mairie de Paris revient sur la succession d’événements qui ont conduit à son départ du ministère de la Santé en pleine épidémie

L.Br.

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Agnès Byzun, le 15 mars 2020 à Paris.
Agnès Byzun, le 15 mars 2020 à Paris. — Julien DE ROSA / POOL / AFP

Après son résultat décevant aux élections municipales à Paris, la candidate LREM Agnès Buzyn s’est confiée à nos confrères du Monde ce mardi sur l’épidémie de coronavirus. Des révélations explosives deux jours après un premier tour contesté alors que la France affrontait (et affronte toujours) l’épidémie de coronavirus.

« Je veux mettre fin à cette mascarade des élections, ça suffit », s’était emportée la candidate à l’issue du premier tour dimanche des municipales. Plus tôt dans la semaine, l’ex-ministre de la Santé avait plaidé en vain pour un report du scrutin auprès d’Emmanuel Macron.

« La vague du tsunami » devant nous

Agnès Buzyn explique avoir su très tôt que l’épidémie serait grave et que les élections seraient perturbées. « Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine », explique-t-elle. Vers le 20 décembre, elle lit un article sur un blog anglophone qui alerte sur cette nouvelle pneumonie. « J’ai alerté le directeur général de la Santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir », assure-t-elle.

Appelée pour reprendre la campagne de Benjamin Griveaux, écarté après la publication de vidéos intimes, Agnès Buzyn démissionne du ministère de la Santé le 16 février. Lors de la passation de pouvoir, elle est très émue : « Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu », confie-t-elle.

« Il va y avoir des milliers de morts »

« Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée », ajoute-t-elle.

Interrogée sur la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, dans laquelle elle déclare que l’épidémie a très peu de chances de survenir en France, elle réagit : « Bien sûr, je n’aurais pas dû prononcer ces mots. Mais avant de partir du ministère, j’avais tout préparé. » Sans travail, l’ancienne ministre de la Santé pourrait désormais reprendre son travail de médecin : « L’hôpital va avoir besoin de moi. Il va y avoir des milliers de morts », conclut-elle dans l’interview.

La « mascarade » des fusions de listes

Après la publication de l’article du Monde, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn a réagi dans un communiqué ce mardi, destiné à « éclairer » ses propos. Elle dit regretter l’utilisation du mot « mascarade » : « Il concernait le fait de débuter des discussions de fusions de listes électorales dans le contexte que l’on connaît », indique-t-elle.

Sur l’absence de réaction du gouvernement, malgré ses avertissements, elle précise : « Lorsque j’ai appris l’émergence du coronavirus en Chine, j’ai eu l’intuition qu’une épidémie pouvait se profiler et ne pas se cantonner à la Chine. C’est vrai, j’ai exprimé mon inquiétude depuis le premier jour parce que c’était mon rôle. J’ai reçu le soutien immédiat du président de la République et du Premier ministre. »