Elections municipales : Le vote en ligne n’est pas une option pour le second tour

POLITIQUE Un tel dispositif était prévu pour les législatives des Français de l'étranger jusqu'en 2017

T.L.G.

— 

Un homme sur son ordinateur (image d'illustration).
Un homme sur son ordinateur (image d'illustration). — Pixabay
  • Dimanche, le premier tour des élections municipales a été marqué par un record d’abstention.
  • Le second tour, prévu dimanche, pourrait être annulé.
  • La mise en oeuvre d'un vote en ligne se heurte à plusieurs obstacles.

Une solution démocratique face au coronavirus ? Dimanche, le premier tour des élections municipales a été marqué par un record d’abstention (autour de 55 %). Devant la propagation de l’épidémie sur le territoire français, l’exécutif pourrait reporter le second tour du scrutin prévu ce dimanche. Pour éviter d’annuler l’élection, une solution de vote par Internet est-elle envisageable ?

Un dispositif prévu en France… pour les législatives à l’étranger

Le vote par Internet est prévu par le code électoral pour la désignation des représentants des Français de l’étranger lors des élections législatives et des élections consulaires. Un citoyen français résidant à l’étranger et inscrit sur une liste électorale consulaire peut donc en principe voter sur Internet après « avoir renseigné une adresse électronique et un numéro de téléphone valides afin que l’administration puisse [lui] envoyer [son] identifiant (par courriel) et [son] mot de passe (par SMS) », précise le site du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

L’électeur peut alors se connecter à l’interface de vote à l’aide d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone pour voter. Mais le site du ministère précise bien que cette « modalité de vote n’est pas ouverte pour les autres élections (présidentielle, européennes, référendum) ».

Un dispositif à la sécurité incertaine

Outre l’absence de cadre juridique pour un scrutin national, la mise en œuvre d’un vote électronique ce dimanche pour les municipales paraît d’autant plus improbable que le dispositif ne semble pas totalement sécurisé. En mars 2017, Jean-Marc Ayrault, alors ministre des Affaires étrangères de François Hollande, annonçait l’annulation du vote électronique pour les Français de l’étranger pour les législatives de 2017, non sans polémiques. La raison ? Un risque de piratage informatique mis en lumière par un audit d’experts un mois plus tôt, expliquait le Monde.

« Nous ne disposions pas d’une solution satisfaisante d’authentification sur la plateforme en cours de développement et surtout nous avions identifié un contexte particulier d’augmentation forte de la menace sur le processus électoral comme cela venait d’être vécu durant les élections américaines. Nous voulions à tout prix éviter de générer une défiance sur le vote électronique », indiquait un rapport de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information fin 2017.

Au-delà des questions de sécurité, la mise en place d’un vote électronique pour plusieurs millions d’électeurs semble difficile à mettre en place à quelques jours de l’échéance.