Elections municipales : Poussée des Verts, bons scores du RN... Les résultats des partis au premier tour

ANALYSE Que dire des résultats de ce premier tour du scrutin municipal ?

Laure Cometti

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Une urne et une carte électorale.
Une urne et une carte électorale. — G.Varela/20 Minutes
  • Avec un taux compris entre 53,5 et 56 % selon les instituts de sondages, l’abstention atteint un niveau historique au premier tour des municipales ce dimanche, de près de 20 points supérieur à celui de 2014, sur fond de crise du coronavirus.
  • Les résultats sont marqués par une poussée des Verts et de bons scores du RN.
  • Sans surprise, Les Républicains et le Parti socialiste maintiennent leur bon ancrage local. En revanche, c’est une déception pour le parti d’Emmanuel Macron.

Jamais une élection ne se sera déroulée dans un tel contexte en France. En pleine crise du coronavirus, les Français étaient appelés à voter pour le premier tour des municipales ce dimanche. Au lendemain d’annonces inédites du Premier ministre visant à endiguer la pandémie, les électeurs ont été majoritaires à éviter les bureaux de vote.

Outre l’abstention record, ce premier tour est marqué par une prime aux maires sortants, bénéfique aux Républicains et au PS, une poussée des Verts et de bons scores du Rassemblement national.

Les Républicains confortés

Les premières remontées montrent que « nous nous maintenons ou nous progressons », s’est félicité en début de soirée le numéro 2 de LR Guillaume Peltier, en pointant un « vote-sanction » des électeurs face à l'« incapacité du macronisme à s’implanter dans les territoires ».

Fort d’un solide ancrage local, le parti de droite voit nombre de ses maires sortants réélus dès le premier tour, à l’instar de François Baroin à Troyes, Jean-François Copé à Meaux, Natacha Bouchart à Calais ou Arnaud Robinet à Reims.

La candidate LR à Marseille Martine Vassal, confrontée à une dissidence, est au coude-à-coude avec la gauche. A Toulouse, le sortant Jean-Luc Moudenc, également soutenu par LREM, est bien placé, avec plus de 35 % des suffrages. A Bordeaux, le maire sortant Nicolas Florian ne devance le candidat écologiste que de 96 voix.

Le parti socialiste se maintient

Le parti à la rose tient bon dans ses nombreux bastions. Dans la capitale, il peut se réjouir de la nette avance d’Anne Hidalgo (autour de 30 %) sur Rachida Dati (22 %) et l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn (17 %).

Martine Aubry (Lille), Nathalie Appéré (Rennes), Johanna Rolland (Nantes), Stéphane Le Foll (Le Mans) et François Cuillandre (Brest) sont également en tête de ce premier tour. Joli symbole, à Nancy, le candidat socialiste Mathieu Klein devance le maire sortant Laurent Hénart, de trois points. Il pourrait bénéficier du soutien des Verts au second tour (s’il a lieu).

La République en marche à la peine

Le parti présidentiel enregistre des résultats décevants. Il arrive en deuxième position à Strasbourg, en troisième à Paris, Lille, Lyon et Besançon, deux villes pourtant encore considérées comme gagnables pour LREM il y a quelques mois. Les marcheurs ne paraissent pas en mesure d’enlever une grande commune. Le soutien à des maires sortants issus de la droite a fait recette à Angers, où Christophe Béchu (ex-LR et non adhérent à LREM) est réélu dès ce dimanche. Mais pas à Nancy ni à Biarritz.

Pour les figures de proue du mouvement présidentiel, l’heure est également à la déception : Thomas Cazenave, à Bordeaux, arrive en troisième position avec moins de 13 %. A Perpignan, le député Romain Grau doit se contenter de la quatrième place avec 12,4 % ; à Rennes, la députée Carole Gandon est troisième avec environ 14,5 % ; à Nantes, sa collègue Valérie Oppelt est quatrième avec moins de 13 %.

Ils devront se consoler avec les performances des membres du gouvernement. Les ministres Gérald Darmanin et Franck Riester l’emportent dès le premier tour, respectivement à Tourcoing et Coulommiers. Mais Edouard Philippe est mis en ballottage au Havre (43 %) par le candidat communiste Jean-Paul Lecoq (34 %), alors qu’il avait été élu dès le 1er tour en 2014. Le Premier ministre pourrait se voir opposer une large coalition au second tour, ce qui handicaperait son maintien à Matignon.

Allié de LREM, le Modem voit son président François Bayrou largement en tête à Pau, qu'il dirige depuis 2014.

Le Rassemblement national à la conquête de Perpignan

Bonne performance pour le parti de Marine Le Pen, qui réussit à faire réélire dès le premier tour ses maires sortants à Hénin-Beaumont, Fréjus, Beaucaire et Hayange. Robert Ménard, soutenu par le RN à Béziers, triomphe avec près de 70 % des suffrages. A Béziers, le maire sortant Robert Ménard, soutenu par le RN et partisan de «l'union des droites», est aussi donné réélu.

Le RN, qui dirige une dizaine de villes, est en mesure de conquérir Perpignan, où Louis Aliot est qualifié pour le second tour (35 %). En revanche, le porte-parole du parti Sébastien Chenu échoue à Denain, où la maire sortante socialiste réélue dès le premier tour.

Poussée d’Europe Ecologie Les Verts

Les Verts font de bons scores dans plusieurs grandes villes qu’ils ciblaient. Ils enregistrent une forte poussée et leurs candidats sont en tête à Lyon, Strasbourg, Grenoble et Besançon. A Bordeaux, le candidat EELV arrive deuxième avec moins de 100 voix de retard.

A Rennes (25 %), Lille (23,5 %) et Nantes (19 %), les scores permettent au parti de ne plus être simplement une force d’appoint pour les maires sortantes PS.

La barre relativement basse (10 % des suffrages exprimés au 1er tour) au-dessus de laquelle une liste peut se maintenir devrait se traduire par une multiplication des triangulaires, voire des quadrangulaires, au second tour, s’il a lieu. Les candidats autorisés à se maintenir auront jusqu’à mardi, 18h, pour trouver des alliés ou fusionner.