Le désastreux Congrès du PS offre un défouloir à la droite

REACTIONS L'impossibilité du PS de se trouver un chef fait le bonheur de l'UMP, dont les dirigeants ont multiplié les déclarations acides ce week-end...

V.G. (avec agence)

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Incapables de convenir en congrès ce week-end d'une orientation et d'un leader, les ténors d'un PS "sérieusement malade" ont laissé aux militants le soin d'arbitrer par un vote un match qui opposera Ségolène Royal et Martine Aubry, avec Benoît Hamon en troisième postulant.
Incapables de convenir en congrès ce week-end d'une orientation et d'un leader, les ténors d'un PS "sérieusement malade" ont laissé aux militants le soin d'arbitrer par un vote un match qui opposera Ségolène Royal et Martine Aubry, avec Benoît Hamon en troisième postulant. — Denis Charlet AFP

Pour la première fois depuis 1990, le Parti socialiste sort d'un Congrès sans majorité pour le diriger. Après une nuit de négociations infructueuse, trois ténors du parti ont décidé de s'en remettre aux votes des militants prévu jeudi: Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon.

L'impossibilité du PS de se trouver un chef fait le bonheur de l'UMP, dont les dirigeants ont multiplié les déclarations acides ce week-end. Florilège.

Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement
Le Congrès de Reims est le «remake de deux films cultes, Règlement de comptes à OK Corral et Les tontons flingueurs». Quoique «le remake de piètre qualité a dû finir de désespérer les adhérents socialistes qui y croyaient encore.»

«Au moment où les Français sont préoccupés par leur épargne et leur emploi, au moment où ils soutiennent massivement l'action nationale et internationale de Nicolas Sarkozy pour changer le système financier et pour les protéger, ils ne peuvent que constater le désintérêt pour leurs problèmes quotidiens d'un parti socialiste centré sur ses querelles intestines».

Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP
«Comme tous les Français je n'y comprends rien», a t-il commenté sur I-Télé. «C'est une lutte de pouvoir, ce qui écoeure tout le monde», a-t-il poursuivi, en se demandant pourquoi le PS français était le «seul de son espèce dans toute l'Europe«, car demeurant «sous l'influence intellectuelle de l'extrême gauche».

Edouard Balladur, ancien Premier ministre
Invité de Canal+, Balladur s'est déclaré «un peu consterné du spectacle que donne le PS» à son congrès de Reims, parce que «c'est l'un des deux grands partis gouvernementaux qu'a la France, qui a vocation à gouverner un jour».

«Pour gouverner, il faut avoir des idées claires et avoir des équipes qui s'entendent. Il faut savoir qui on est et ce qu'on veut. Le Parti socialiste ne sait pas qui il est ni ce qu'il veut, ni à qui il veut confier le soin de le diriger».

Eric Besson, secrétaire d'Etat chargé de la Prospective, ancien socialiste
Reims est le «Congrès de la confusion et du désamour». «Confusion parce qu'il n'y a pas de leader, de ligne politique, pas de proposition utile pour les Français, et puis désamour parce qu'il y a quelque chose qui est apparu flagrant, on ne s'aime pas beaucoup au Parti socialiste», a affirmé Besson sur Canal+.

L'ex-socialiste a par ailleurs défendu la légimitité de Ségolène Royal — qu'il a pourtant lâché pendant la campagne présidentielle — à prendre la tête du PS: «Il ne faut pas oublier qu'elle est arrivée en tête et qu'elle garde une cote d'amour importante auprès des militants».

«Il m'aurait semblé légitime que ce soit quand même autour d'elle» que le parti se rassemble, a souligné Besson, estimant qu'elle avait «de la pugnacité, de la ténacité, le sens des médias» et «ne biaisait pas avec son ambition».

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, spécialisé dans les communiqués tapageurs
«Le PS vient de préparer sa dissolution en reconnaissant son incapacité à être une alternative et trouver une voie commune». «Comment être capable de rassembler un pays quand on est incapable de réunir ses propres amis?», se demande-t-il dans un communiqué. «Au PS, le combat de rue est lancé, ce qui est affligeant compte tenu de la crise. Quel manque de respect envers les Français!», écrivait-il samedi dans un autre communiqué.