Emmanuel Macron se dit prêt à rencontrer des « gilets jaunes » mais réclame la fin des manifestations

DIPLOMATIE Le président de la République a été pris à partie lors de sa visite au Salon de l’agriculture à Paris

B.Ch. avec AFP

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Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture le 22 février 2020
Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture le 22 février 2020 — Bertrand GUAY / AFPBertrand GUAY / AFP

Ce serait une grande première. Emmanuel Macron a promis samedi de recevoir un groupe de « gilets jaunes », lors d’un vif échange au Salon de l’agriculture avec une femme l’interpellant sur les retraites, le Ric et les violences policières. « Vous ne recevez pas les "gilets jaunes" », lui a lancé une femme, se présentant comme contrôleuse de gestion dans la finance et disant avoir participé aux 67 samedis de mobilisation des gilets jaunes depuis novembre 2018.

« Vous me structurez un groupe et je vous reçois sans problème, moi je suis pour le dialogue. On se prend une heure et on discute », lui a répondu le chef de l’État qui, tout au long de cette crise, n’a jamais reçu de groupe de « gilets jaunes » à l’Elysée.

Quelques instants plus tard, Eric Drouet, figure historique des « gilets jaunes », vêtu de noir, a été expulsé par des policiers du Salon, sans avoir réussi à approcher le président.

L’arrêt des manifestations

« Il faut que tout le monde retrouve la raison », a déclaré le président de la République à la « gilet jaune » qui a estimé que « ça va mal finir ». « Ça fait 67 samedis que je suis mobilisée, j’ai vu tomber des amis, je me prends des grenades de désencerclement, je vis la guerre tous les samedis », a encore lancé la dame à Emmanuel Macron.

« C’est parce qu’il y a des gens qui sont devenus extraordinairement agressifs », lui a répondu le chef de l’Etat, proposant « d’arrêter de sortir manifester comme ça ». Interpellé sur les violences policières, Emmanuel Macron a souligné que « personne ne s’engageait dans les forces de l’ordre pour être agressif ».

« Dans les zones urbaines, c’est très tendu, il faut se mettre à la place des policiers, a-t-il ajouté. Je ne crois pas qu’il y ait tant de monde que ça dans la rue. Parfois aussi, vous êtes en colère sur des choses qui ne sont pas vraies. »

Débat oui, référendum non

Concertant les retraites, Emmanuel Macron a défendu la réforme du gouvernement et s’est dit prêt à « faire un grand débat » sur la question.

Quant au référendum d’initiative citoyenne (Ric), une des revendications phare des « gilets jaunes », le président de la République a rappelé qu’il n’a « jamais été favorable au référendum d’initiative populaire », mais favorable à ce qu’on abaisse le seuil du référendum d’initiative partagée déjà en place. Mais pour cela, « il faut changer la Constitution et ce n’est pas moi tout seul qui peux le faire. »