Réforme des retraites : Le « coût » d’une journée de débats agite l’Assemblée nationale

DEPENSES Pour un député LREM, les perturbations des débats sur la réforme des retraites à l’Assemblée nationale coûteraient près d’1,5 million d’euros

20 Minutes avec AFP

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Assemblée nationale (Archives)
Assemblée nationale (Archives) — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le « coût » d’une journée de débats à l’Assemblée nationale sur la réforme des retraites s’élève à 1,5 million d’euros, a déclaré Florian Bachelier, député LREM, ce vendredi, s’insurgeant contre «  l’obstruction parlementaire par les députés minoritaires d’extrême gauche ».

« La démocratie n’a pas de prix, mais elle a coût. Une journée d’obstruction parlementaire par les députés minoritaires d’extrême gauche, c’est 1,5 million d’euros d’argent public. Ça paierait quelques professeurs d’éducation civique », a expliqué le « marcheur », premier questeur de l’Assemblée, ce jeudi sur Twitter.

Un montant qui ne change pas, que les députés siègent ou non

Une déclaration qui n’a pas plu au député PS Boris Vallaud, qui a qualifié cette affirmation de « mensonge » ce vendredi dans l’hémicycle. « Le budget de l’Assemblée nationale, c’est 578 millions d’euros en 2019. Vous divisez par le nombre de jours (365), c’est 1,5 million, que nous siégions ou que nous ne siégions pas », a-t-il expliqué. Autrement dit, un jour siégé supplémentaire, y compris comme ce week-end, ne coûte pas plus, les personnels par exemple n’étant pas rémunérés davantage.

« Je ne recommande à personne de faire le jeu de l’antiparlementarisme », a ajouté l’élu socialiste. Plus tôt, c’est l’insoumis Adrien Quatennens qui avait épinglé Florian Bachelier, qui « a l’air de considérer que la démocratie coûte trop cher. Mais nous sommes ici les porte-paroles de la solution la moins chère : retrait » de la réforme.

« Le débat parlementaire mérite mieux » qu'« une question de coût »

« La démocratie, ça prend du temps, de débattre, de discuter, surtout sur un projet comme celui-ci aussi controversé et rejeté », a souligné Pierre Dharréville (PCF) devant la presse. Et de balayer le chiffrage du questeur, « des arguments de fond de corbeille ».

Le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau (MoDem) a clos la discussion : « le débat parlementaire mérite mieux » qu'« une question de coût », a-t-il déclaré sur BFMTV. « Où s’arrête-t-on au fond ? Le Parlement, la démocratie représentative, ce sont des moyens qui sont nécessaires et c’est pas le sujet ».