La longue histoire du rapprochement Aubry-Hamon pourrait trouver son terme

PARTI SOCIALISTE Début de clarification avant le congrès de Reims...

Emile Josselin

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Cette fois-ci, ça pourrait marcher. Interrogé sur RTL, Benoît Hamon, le leader socialiste de la motion «Un monde d'avance», qui a recueilli 19% lors du vote des militants, a révélé que «des rapprochements existent» avec Martine Aubry. «Je suis assez heureux de voir que le travail progresse», s'est félicité le député européen, qui avait déjà essayé de rallier la maire de Lille en 2003. Reste la question de la candidature au poste de premier secrétaire que proposerait l'alliance Aubry-Hamon.

Car, si les partisans de Martine Aubry à la fédération du Nord font état d'une «grosse détermination» de la maire de Lille à aller au bout de sa démarche, Benoît Hamon a dit être «toujours candidat»: «C'est annoncé depuis le début, on va essayer d'être clair dans ce congrès.»

Une longue histoire


Entre Martine Aubry et Benoît Hamon, c'est une longue histoire: le second a travaillé au cabinet de la première lorsqu'elle était ministre de l'Emploi au gouvernement Jospin de 1997 à 2001. Et en 2003, il avait essayé de convaincre Aubry de rejoindre les rangs du Nouveau parti socialiste qu'il avait créé avec Montebourg et Peillon. Sans succès: la maire de Lille avait préféré rester dans la majorité conduite par François Hollande, qui l'avait emporté. Une décision que, rétrospectivement, François Lamy, lieutenant de Martine Aubry, avait confié regretter: en juin dernier, il nous avait parlé d'une «erreur».

Si politiquement les itinéraires ont été différents, en revanche, affectivement, les ponts n'ont jamais été coupés. En témoigne cette anecdote rapportée par «Sud-Ouest» (article payant ici, mais toujours dans le cache de Google ): lorsqu'Aubry est allée tenir une réunion cet automne à Brest, d'où Hamon est originaire, celui-ci a reçu deux coups de fil. L'un d'Aubry, et l'autre de sa mère. Les deux s'étaient rencontrées à l'issue du meeting et avaient évoqué le «petit». Qui aujourd'hui entend bien discuter d'égal à égal avec son ancienne patronne au ministère.

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Modem

Hamon a aussi évoqué l'épineuse question du Modem. Mercredi soir, Ségolène Royal a maintenu que la question se poserait «entre les futurs deux tours de l'élection présidentielle». Benoît Hamon est resté sceptique sur le sujet: «Ces questions de stratégie sont aussi des questions de contenu: qui peut penser que nous partagerions le même le projet si nous gouvernions demain et si le Modem avait des postes de ministres? Ou que son chef serait Premier ministre?»

Problème, l'alliance Aubry-Hamon ne pèse pour le moment que 44% (19% pour lui et 25% pour Aubry). Tout dépendra donc de ce que fera Bertrand Delanoë, qui «devra dire à un moment ou à un autre ce qu'il prétend ou ce qu'il veut faire». Pour Hamon, «aujourd'hui la balle est surtout dans son camp».