Réforme des retraites : Une nouvelle manifestation « symbolique » devant l’Assemblée nationale

MOBILISATION L’examen du projet de réforme des retraites à l’Assemblée nationale débute ce lundi

Manon Aublanc

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Une manifestation contre la réforme des retraites, à Toulouse le 6 février 2020.
Une manifestation contre la réforme des retraites, à Toulouse le 6 février 2020. — FRED SCHEIBER/SIPA

Alors que la réforme des retraites arrive ce lundi à l’Assemblée nationale, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de Paris, à l’appel d’une coordination composée de grévistes et de militants CGT et SUD, contre le projet de loi.

Les manifestants, qui se sont élancés de la place de l’Opéra en direction du palais Bourbon, ont répondu à l’appel lancé par le Front social, coordination créée après la mobilisation contre la loi Travail à la fin du quinquennat précédent

Pas d’appel de l’intersyndicale

« C’est de l’ordre du symbole. C’est évident de manifester le jour où cette loi, qui a déclenché la grève la plus longue de notre Histoire et est rejetée par la population, est examinée à l’Assemblée », a expliqué Gaël Quirante, secrétaire départemental SUD Poste 92 et l’un des organisateurs de la « coordination nationale ». « Nous sommes très surpris que l’intersyndicale n’appelle pas à manifester ce lundi », a-t-il ajouté.

Le militant fait référence aux confédérations CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, Solidaires et FSU, qui mène la fronde contre la réforme des retraites depuis le 5 décembre et appellent à une nouvelle journée interprofessionnelle jeudi. Dans le cortège, se mélangent des militants CGT, Solidaires, des anarchistes, des non syndiqués, des « gilets jaunes », venus de plusieurs villes de France (Toulon, Reims, Rouen…). A l’instar de Cédric, cadre informatique dans le privé à Nancy, non syndiqué, venu exprès pour « demander le retrait ».

« Le mouvement n’est pas mort »

« Je suis né avant 1975 et on aurait pu croire que je suis un des profils non touchés par la réforme, selon la propagande de Macron, mais je me suis penché sur le texte : tout le monde est perdant, dès l’année prochaine », affirme-t-il. « La retraite, c’est le dernier bastion social à sauver. On ne peut pas nier que le gouvernement a la main aujourd’hui mais nous irons jusqu’au bout, le mouvement n’est pas mort », a-t-il assuré.

Pour Denis, Cheminot CGT de Lyon mais aussi « gilet jaune », « le gouvernement est dans l’impasse et de plus en plus isolé. Une majorité de Français continue de rejeter cette réforme. L’incendie n’est pas éteint et continue de couver ». Quatre syndicats de la RATP, dont l’Unsa, première organisation de l’entreprise, ont appelé à « une journée morte » ce 17 février sur tous les réseaux de la régie pour obtenir « le retrait » de la réforme mais le mouvement était peu suivi lundi.