Razzy Hammadi juge sévèrement la candidature Royal: «un sentiment de combine»

PARTI SOCIALISTE Ancien président du MJS et soutien de Benoît Hamon, Razzy Hammadi juge sévèrement une éventuelle candidature de Ségolène Royal à la tête du PS...

Emile Josselin

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La commission administrative électorale d'Orly (Val-de-Marne) a rejeté jeudi l'inscription sur les listes électorales du président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) Razzye Hammadi, qui veut s'y présenter aux municipales, a-t-on appris lundi auprès de la municipalité.
La commission administrative électorale d'Orly (Val-de-Marne) a rejeté jeudi l'inscription sur les listes électorales du président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) Razzye Hammadi, qui veut s'y présenter aux municipales, a-t-on appris lundi auprès de la municipalité. — Jean-Pierre Clatot AFP/Archives

Ancien président du MJS et soutien de Benoît Hamon, Razzy Hammadi juge sévèrement une éventuelle candidature de Ségolène Royal à la tête du PS…

Comment percevez vous l'éventuelle candidature de Ségolène Royal?

Si cette candidature devait s'affirmer, elle donnerait à de nombreux militants un sentiment de combine: un jour on est candidat, le lendemain on ne l'est plus pour s'attirer le soutien des grandes fédérations, et ensuite on le redevient après le vote des militants.

L'objectif du texte qu'elle a publié est d'offrir un débouché aux 29% recueillis par la motion de Ségolène Royal. Plus que jamais, nous voulons offrir une alternative aux 70% qui n'ont pas voté pour elle. A part ça, il n'y a rien de neuf ni de transcendant à part une évolution concernant le Modem.

Vous pensez donc qu'elle ne pourrait par parvenir à opérer de rassemblement?


Le problème, c'est que pendant la campagne, je n'ai pas compris où était le vrai du faux parmi les soutiens de Ségolène Royal.

Le samedi, Gérard Collomb affirme dans une réunion que le PS doit devenir social-démocrate. Le mardi, je découvre que Ségolène Royal dit que ce modèle est «périmé». Le mercredi, lors d'une réunion avec Manuel Valls dans le Maine-et-Loire, celui-ci me dit que que les alliances avec le Modem ne sont pas à l'ordre du jour.

Et je finis la semaine à Marseille, où Guérini a fait toute sa campagne sur le thème de l'alliance avec le Modem, car c'est comme cela qu'est géré l'exécutif. Il y a là l'incohérence et l’instabilité qui nous coûté si cher lors de la campagne présidentielle.

Vous prônez un «projet politique» réunissant Hamon, Aubry et Delanoë. Mais sur la question du Modem, Aubry a fait alliance avec lui aux municipales à Lille, et des partisans de Delanoë comme Michel Destot aussi, et ce dès le premier tour à Grenoble…

Ségolène Royal a bien dit que le Modem ne devait pas être un prétexte. Il faut regarder les textes et celui de Ségolène Royal est le plus clair à ce sujet. Après, effectivement, il y a des actes qui ont été posés par certains.

C'est ce qui fait que Benoît Hamon est le plus légitime à incarner cette démarche. Il était à 23-24% avant la rentrée du score des fédérations du Pas-de-Calais et des Bouches-du-Rhône. Son score, il l'a réalisé sans l'appui de grandes fédérations, sans l'appui des médias ni d'alliances de couloirs.

Apparemment, selon «Le Monde», les proches de François Hollande poussent à une alliance de Bertrand Delanoë avec Ségolène Royal. Cela peut-il mettre à mal votre démarche?

Les personnes dont vous parlez n'ont pas été très influentes auprès de Bertrand Delanoë. Mais cela montre bien que nous sommes face à un changement en trompe-l'oeil. Il y a Ségolène Royal, mais ceux qui la soutiennent sont les mêmes que ceux qui sont au côté de François Hollande depuis onze ans. Et puis quand on en vient à promettre à Georges Frêche sa réintégration en échange du vote de la fédération de l'Hérault… (c'est en tout cas ce que Georges Frêche affirme dans ce reportage pour l'émission Dimanche +, sur Canal +, ndlr)