Congé de deuil parental : Le gouvernement fait volte-face et estime qu’il n’a pas eu « le temps de recul » sur la mesure

POLEMIQUE Marc Fesneau, ministre des Relations avec le Parlement, reconnaît lui aussi une erreur tandi que Muriel Pénicaud annonce que la proposition de loi reviendrait sous forme d'amendement au Sénat

Rachel Garrat-Valcarcel

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Marc Fesneau est le ministre chargé des relations avec le Parlement depuis octobre 2018.
Marc Fesneau est le ministre chargé des relations avec le Parlement depuis octobre 2018. — PIERRE VILLARD/SIPA

Le ministre Marc Fesneau a estimé dimanche que gouvernement et majorité n’avaient peut-être pas eu « le temps de recul » suffisant sur la proposition d’allongement du congé après la perte d’un enfant, appelant à y répondre « sans démagogie ». Emmanuel Macron est intervenu lui-même samedi pour faire cesser la polémique : après le refus initial d’allonger ce congé de deuil, jeudi à l’Assemblée nationale, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a admis une « erreur » et les députés LREM sont prêts à revoir leur position.

La proposition devrait être adoptée au Sénat

En effet, Muriel Pénicaud annonce dans les colonnes du Parisien  de ce dimanche, que le gouvernement va faire volte-face. «Concrètement, l'allongement à douze jours va revenir au Sénat sous la forme d'un amendement gouvernemental. La date n'est pas encore fixée», précise-t-elle à nos confrères.

Marc Fesneau a estimé sur Franceinfo que ce vote de jeudi, qui a suscité un tollé de l’extrême gauche au patronat, « doit nous interroger collectivement », mais pas « dans la recherche de boucs émissaires ». « C’est bien que le président de la République puisse intervenir quand des sujets peuvent susciter l’émotion, ça ne me gêne pas du tout », a assuré le ministre (MoDem) des Relations avec le Parlement.

« Un sujet très global »

« Reconnaissons qu’il y a une erreur, ce n’est pas la peine de tourner autour du pot », a-t-il ajouté, soulignant cependant les limites de l’examen d’un tel texte, proposé par le groupe UDI-Agir, dans le cadre de sa « niche » parlementaire. La proposition de loi centriste « ne traitait pas la question des gens qui travaillent dans la fonction publique », ne concernait que les enfants mineurs, et ne traitait pas « l’accompagnement dans la durée ».

Le deuil d’un enfant est « un sujet très global, qui nécessite que nous y réfléchissions collectivement », selon Marc Fesneau. Ce n’est « pas une affaire d’argent », a-t-il assuré, alors que certains points relèvent de l’entreprise employeur du parent, d’autres de « la solidarité nationale ». Le congé doit-il passer de cinq jours à douze, comme proposé par les UDI-Agir ? « Je ne sais pas si c’est douze, si c’est vingt » car il faut analyser notamment « le temps des démarches administratives » et voir comment pour les parents cela puisse se passer « dans les meilleures conditions possibles »