Municipales 2020 au Havre: La candidature d’Edouard Philippe suscite de vives réactions dans l'opposition

ELECTIONS Le Premier ministre a annoncé ce vendredi qu'il se présentera comme candidat tête de liste aux élections municipales au Havre en mars, mais restera à Matignon s'il est élu

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, le 30 janvier 2020 à Paris, (Photo by Alain JOCARD / AFP).
Edouard Philippe, le 30 janvier 2020 à Paris, (Photo by Alain JOCARD / AFP). — AFP

L’annonce ne passe pas comme une lettre à la poste. Le Premier ministre a informé vendredi dans un entretien à Paris-Normandie qu’il se présentera comme candidat tête de liste aux élections municipales au Havre en mars, mais qu’il restera à Matignon s’il est élu.

« Dans une démocratie, le fondement de la légitimité, c’est l’élection », a déclaré Edouard Philippe pour justifier sa démarche. Mais cette décision a été plutôt mal reçue par ses opposants politiques. L’eurodéputé EELV Yannick Jadot a jugé vendredi « profondément scandaleux » que le Premier ministre se présente aux municipales au Havre comme tête de liste au moment où « la situation sociale est explosive ».

Le contexte social du moment interroge

« Qu’un Premier ministre considère qu’il a autre chose à faire que de gérer les dossiers de la France pour devenir candidat à une élection municipale où il dit déjà qu’il n’occupera pas les fonctions de maire, je trouve ça profondément scandaleux », a-t-il fustigé Jadot sur Europe 1. « Pour moi c’est une forme de démission face aux difficultés des Français et y compris un manque de respect profond vis-à-vis des habitants du Havre, car au fond il dit je suis candidat mais je ne m’occuperai pas de vous quand je serai élu, si je suis élu », a insisté l’eurodéputé.

Chez La France insoumise, le numéro deux Adrien Quatennens a retweeté la Une de Paris-Normandie titrant, avec une photo d’Edouard Philippe, « Je suis candidat au Havre », le député l’assortissant de ce commentaire : « Mais d’abord je pète vos retraites ».

Prépare-t-il sa sortie du gouvernement ?

Au PS, le sénateur Rachid Temal a considéré sur Twitter que le Premier ministre était « déjà dans l’après-Macron » et que « cela en dit long ». Le porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu, n’y est pas allé de mains mortes non plus : « Ça en dit beaucoup sur la fébrilité de La République en marche qui a peur de ne pas gagner de mairie tant leur personnel politique n’est pas au niveau de ces élections municipales, et qui déguise des Républicains – 110 communes des Républicains sont tamponnées par La République en marche – ou des élus socialistes en marcheurs », a-t-il critiqué sur France 2. « C'est la fin de la macronie. Quand le Premier ministre vous lance comme signal "ça se passe tellement mal et on est tellement contestés et mauvais qu'il faut absolument que je me débrouille pour avoir mon siège éjectable et retrouver ma place de maire quand tout va partir en quenouille", (...) ce n'est pas un signal de grande confiance», a déclaré la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen. 

Sur Radio Classique, Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, a, lui, dit que « peut-être » le Premier ministre « imagine ne pas rester trop longtemps a Matignon ».