Réforme des retraites : Selon Edouard Philippe, la conférence de financement proposera une « mesure d’âge »

BRAS DE FER Le Premier ministre a retiré samedi dernier sa propre proposition d’instaurer un âge pivot à 64 ans.

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe à l'Assemblée, le 14 janvier 2020. (Ludovic Marin/AFP)
Edouard Philippe à l'Assemblée, le 14 janvier 2020. (Ludovic Marin/AFP) — AFP

Ira-t-elle dans son sens ? Edouard Philippe « pense », selon ses dires, que la conférence de financement réunissant les partenaires sociaux proposera, d’ici à avril, « une mesure d’âge » destinée à équilibrer le système des retraites, a-t-il déclaré ce mardi lors de la séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale.

Interpellé sur le sujet par plusieurs députés – Annie Genevard (LR), Philippe Vigier (Liberté et territoires), Sébastien Jumel (PCF) ou encore Jean-Christophe Lagarde (UDI) –, le Premier ministre, qui avait retiré samedi sa propre proposition d’instaurer un âge pivot à 64 ans, a notamment affirmé : « Je ne vois pas comment, sinon, on pourrait arriver à l’équilibre financier en 2027 ».

L’équilibre financier à tout prix

Cet âge pivot à 64 ans avait cristallisé l’opposition des syndicats dits réformistes (CFDT, UNSA…), qui sont favorables à la création d’un système de retraite universel par points. En reculant sur ce point, le gouvernement est parvenu à ramener ces organisations à la table des discussions en les chargeant, dans le cadre de la « conférence de financement », de formuler leurs solutions.

« Si – et je ne crois pas que cela arrivera – mais si (…) elle ne proposait pas un retour à l’équilibre, alors je prendrais mes responsabilités et je ferais en sorte qu’en 2027, le système soit équilibré », a martelé Edouard Philippe ce mardi après-midi. Et d’ajouter : « Nous sommes attachés à l’équilibre financier, parce que ça n’est pas un gros mot, parce que c’est une sécurité, un élément de solidité pour nos concitoyens, pour nos enfants, pour nos petits-enfants, qui savent qu’ils pourront disposer d’un système de retraite solide, lisible, responsable, plus juste, et totalement universel ».

Un possible « cocktail de mesures »

Pour cette conférence de financement à venir, le locataire de Matignon a par ailleurs rappelé les deux limites imposées : « Nous ne voulons pas que les pensions baissent (…), et parce que nous pensons que c’est important pour la compétitivité de l’économie française, parce que nous nous battons pour rendre la compétitivité de l’économie française, plus grande, nous voulons qu’il n’y ait pas de hausse du coût du travail ».

La marge de manœuvre étant donc ténue, Edouard Philippe évoque, au final, un possible « cocktail de mesures ».