Réforme des retraites : Emmanuel Macron promet de « continuer à expliquer et concerter »

GOUVERNEMENT Au 41e jour de la grève, Emmanuel Macron a fait la pédagogie de cette réforme très contestée, après avoir laissé le Premier ministre Edouard Philippe en première ligne

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron à Paris, le 9 décembre.
Emmanuel Macron à Paris, le 9 décembre. — Alexei Nikolsky/TASS/Sipa USA/SIPA

Le gouvernement va « continuer à expliquer et concerter » sur la réforme des retraites, a annoncé Emmanuel Macron, ce mardi à Pau, indiquant vouloir lever une « inquiétude » qui est « légitime ».

« Quand on prend la peine d’expliquer et d’écouter, on peut lever beaucoup d’ambiguïtés », a-t-il ajouté au cours de la visite d’une usine à Pau. « On ne lèvera pas le mécontentement de gens qui protègent » des régimes spéciaux « auxquels je me suis engagé à mettre fin », a-t-il cependant ajouté.

« Un système qui est plus simple, juste et universel »

Au 41e jour de la grève, Emmanuel Macron a fait, durant une dizaine de minutes, la pédagogie de cette réforme très contestée, après des semaines durant lesquelles il a laissé le Premier ministre Edouard Philippe en première ligne.

« Je suis convaincu que c’est le seul moyen de recréer de la confiance et de défendre ce à quoi nous, Françaises, Français, sommes attachés, qui est ce qu’on appelle le modèle par répartition (…) qui seul permettra de consolider un modèle où les actifs continuent de financer la retraite des retraités. » « Cela suppose des changements et de projeter progressivement tout le monde vers un système qui est plus simple, juste et universel », a-t-il ajouté.

« L’inquiétude est légitime parce qu’on n’aime jamais le changement »

Selon lui, le modèle actuel, et ses 42 principaux systèmes, « avait créé des injustices qui nourrissaient la défiance ». « Comment expliquer que quand vous alliez conduire le bus qu’on a vu tout à l’heure à hydrogène de la ville [de Pau], vous alliez partir à 62 ans » alors qu’avec « un bus à peu près comparable, à la Régie autonome des transports parisiens [RATP], vous alliez partir cinq à dix ans plus tôt ? »

« Certains ont décidé d’avoir un calendrier social différent. Ce n’est pas la responsabilité du gouvernement et je ne saurais lui imputer une telle responsabilité », a-t-il ajouté, alors que plusieurs syndicats, dont la CGT et FO, et des partis d’opposition réclament le retrait de la réforme. Notant que « l’inquiétude est légitime parce qu’on n’aime jamais le changement », Emmanuel Macron a affirmé que le gouvernement devait « bien évidemment continuer d’expliquer, de clarifier et aussi de discuter, parce qu’il faut toujours discuter ».