Non, Brigitte Macron n’œuvre pas pour les Pièces jaunes aux frais du contribuable

FAKE OFF Un post Facebook viral sous-entend (à tort) que Brigitte Macron dépenserait d'importantes sommes d'argent public pour financer ses déplacements dans le cadre de l'Opération Pièces jaunes

Alexis Orsini

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Brigitte Macron au lancement de la 31e opération des Pièces jaunes, à Orléans, le 8 janvier 2020.
Brigitte Macron au lancement de la 31e opération des Pièces jaunes, à Orléans, le 8 janvier 2020. — Ludovic Marin / AFP
  • L'édition 2020 de l'Opération Pièces jaunes, visant à récolter des fonds pour les enfants et adolescents hospitalisés, a été inaugurée le 8 janvier à Orléans par Brigitte Macron, qui a pris la relève de Bernadette Chirac.
  • Sur Facebook et Twitter, un texte à charge contre le coût financier supposé (et l'utilisation d'argent public) de l'évènement à l'époque de Bernadette Chirac est particulièrement partagé pour sous-entendre que ces excès se poursuivent aujourd'hui.
  • Contactés par 20 Minutes, le cabinet de Brigitte Macron et la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, responsable de l'Opération, démentent de tels coûts. 

A peine lancée, la campagne 2020 des Pièces jaunes, qui vise à collecter des fonds au profit des enfants et adolescents hospitalisés, fait déjà l’objet de critiques sur son prétendu historique d'abus en matière d'utilisation des fonds publics.

Et pour sa première campagne à la tête de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (FHPF), inaugurée au Centre hospitalier régional d’Orléans (CHR) avec Didier Deschamps, Brigitte Macron est indirectement ciblée, à travers la diffusion d’un texte évoquant les prétendus excès de la Première dame qui la précédait à ce poste, Bernadette Chirac.

Le post viral sur les Pièces jaunes.
Le post viral sur les Pièces jaunes. - capture d'écran/Facebook

« Brigitte Macron va récolter les pièces jaunes. Petit rappel », affirme ainsi un post Facebook viral relayant le long texte à charge suivant : « Bernadette Chirac est venue à Montélimar faire son cinéma pour récolter ses pièces jaunes. 200 kilos de pièces ont été recueillis (correspondant à environ 10.000 euros). J’ai interrogé monsieur le maire (UMP) de la ville pour savoir combien cette opération nous avait coûté. Sans compter le prix de l’affrètement du TGV spécial, du détournement de plusieurs trains sur l’Ardèche, le coût du personnel des services techniques et de la police municipale, etc., la ville a déboursé 80.000 euros (pris sur nos impôts locaux, bien sûr). »

« Mais, plus choquant encore, les chambres et repas, dans un des meilleurs hôtels-restaurants de la région, pour la "première dame de France" et son aéropage de 130 personnes, ont été réglés avec un chèque de l’association Opération Pièces jaunes. Quand on pense à tous les petits enfants qui ont cassé leur tirelire pour faire de la publicité à Mme Chirac, au maire de Montélimar, et payer ces agapes ! », conclut ce document signé « Marcel Magnon, conseiller municipal de Montélimar ».

Contrairement à ce que sous-entend le post Facebook – ou une variante diffusée sur Twitter – en liant Brigitte Macron à ce « rappel » sur Bernadette Chirac, les coûts engendrés par le déplacement de Brigitte Macron à Orléans sont toutefois loin d’avoisiner les montants attribués à l'ancienne Première dame, qui circulent depuis des années sur les réseaux sociaux.

FAKE OFF

Contactée par 20 Minutes, la métropole d’Orléans indique « qu’aucun des frais relatifs au déplacement [de Brigitte Macron], qui est arrivée le midi et repartie à 17h30 [mercredi 8 janvier], n’ont été pris en charge par la mairie. »

Après nous avoir précisé que « l’organisation de l’évènement a été intégralement assurée par les équipes de la Fondation et non par la présidence de la République », le cabinet de la Première dame nous détaille en outre plus précisément le déroulé de sa journée : « Madame Macron s’est rendue à Orléans en voiture, le dispositif de sécurité mis en place [à son égard] depuis mai 2017 par les services compétents, lui imposant de circuler dans un véhicule de la présidence de la République en présence d’un officier de sécurité membre du GSPR pour l’ensemble de ses déplacements effectués par voie routière. »

« Elle a pris un sandwich et il n’y a pas eu d’hébergement sur place »

« Madame Macron est arrivée à Orléans mercredi en fin de matinée et elle est repartie à Paris en fin de journée. Il n’y a pas eu d’hébergement sur place et elle a pris un sandwich comme repas dans une salle du Centre hospitalier d’Orléans, juste avant le lancement de l’évènement. Il n’y a donc pas eu de déjeuner dans un restaurant. »

La Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France nous confirme ce déroulé, tout en soulignant que la visite express de la Première dame n’a « pas vraiment occasionné de frais ». Elle explique en outre avoir connaissance du texte à charge contre Bernadette Chirac, « qui refait surface de temps en temps depuis 2006 », année de sa publication par Marcel Magnon, conseiller municipal communiste de Montélimar.

A l’époque, les critiques sur la gestion financière de l’opération Pièces jaunes connaissaient un grand écho médiatique. Elles avaient notamment amené la Cour des comptes à se pencher sur la gestion de la FHPF et à conclure, en 2010, qu’elle était « exemplaire » et que l’emploi des fonds collectés auprès du public « était en tout point conforme à l’objet de l’appel à la générosité publique » – les frais d’hébergement ou de déplacement de la Première dame étant notamment pris en charge par les partenaires de l’évènement.

« Un secteur extrêmement contrôlé »

« Nous sommes dans un secteur extrêmement contrôlé et c’est normal, nous faisons en outre très attention au ratio des dépenses et des investissements pour s’assurer que le maximum soit consacré à l’action sociale de la Fondation », nous précise enfin la FHPF, alors que cette année, Brigitte Macron a décidé de ne plus faire rouler le fameux TGV emblématique de l’opération.

De son côté, le cabinet de la Première dame conclut : « Les prochains déplacements en lien avec la Fondation des Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France seront organisés de la même façon : une organisation des évènements assurée par les membres de la Fondation, des déplacements ne nécessitant pas d’hébergement. »