«Vous avez la parole»: Ce qu'il faut retenir de l'émission sur les retraites avec Jean-Michel Blanquer et Laurent Pietraszewski

EMISSION Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education, et Laurent Pietraszewski, secrétaire d'État chargé des retraites, étaient invités de l'émission «Vous avez la parole» sur France 2

T.L.G.

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Jean-Michel Blanquer est ministre de l'Education nationale depuis mai 2017.
Jean-Michel Blanquer est ministre de l'Education nationale depuis mai 2017. — PATRICK GELY/SIPA
  • Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education, et Laurent Pietraszewski, secrétaire d'État chargé des retraites, étaient invités de l'émission «Vous avez la parole» sur France 2.
  • Les deux membres du gouvernement ont débattu pendant deux heures après une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme.
  • Dans la soirée, l'intersyndicale a appelé à de nouvelles actions les 13, 14 et 15 janvier

Deux membres du gouvernement s’exprimaient ce jeudi soir sur France 2 après une nouvelle mobilisation contre la réforme des retraites. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education, et Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État chargé des retraites, étaient invités de l’émission « Vous avez la parole ». Vous n’avez pas suivi l’émission ? 20 Minutes revient sur les meilleurs moments.

Les Français soutiennent encore la grève à 50 % selon un nouveau sondage

L’émission a débuté avec un sondage Ipsos. 50 % des Français soutiendraient encore la grève selon une enquête publiée par cet institut (31 % contre), au 36e jour de mobilisation contre la réforme des retraites. Pour 42 % des Français interrogés, le gouvernement est le responsable de la poursuite du conflit. 28 % estiment que la faute est du côté syndical. « C’est un chiffre important, l’objectif de la soirée est d’arriver à un consensus français, donner une modernité et une pérennité » au modèle des retraites, a expliqué Jean-Michel Blanquer.

Rien de neuf sur l’âge pivot

Pas beaucoup de nouveauté concernant l’âge pivot, si ce n’est qu’il est en train de changer d’appellation. « Moi je parle d’âge d’équilibre. Le gouvernement met en place des droits nouveaux (minimum pension, droits familiaux), Quand on met en place des droits nouveaux, il faut les financer », a expliqué Laurent Pietraszewski. Le nouveau « monsieur retraites » du gouvernement a refusé d’en dire plus, renvoyant aux discussions bilatérales prévues vendredi avec les syndicats.

« Le premier objectif est de pérenniser le système. Nous prenons nos responsabilités pour les prochaines décennies, a ajouté Jean-Michel Blanquer. C’est difficile à entendre. Mais comme on vit plus vieux, on doit travailler un peu plus longtemps »

Grand flou sur la définition d’une carrière complète

« Plus vous donnez des explications, moins on comprend », a taclé Philippe Martinez. Le patron de la CGT a ensuite tenté de coincer les deux ministres. « J’ai une question à vous poser : avec votre régime universel, où il y a d’ailleurs de plus en plus de régimes spéciaux, quelqu’un qui commence à travailler aujourd’hui, quand aura-t-il sa retraite ? Qu’est-ce qu’une carrière complète ? ». Laurent Pietraszewski a tenté de répondre à la question, sans être très convaincant. Il a d’abord rappelé que depuis la loi Touraine de 2014, « la définition d’une carrière complète est de 43 années », ajoutant que la réforme du gouvernement fixerait à 150 heures le seuil pour valider un trimestre, et donc à 600 heures pour valider une année.

« C’est un système par point ou par annuités ? », a relancé perplexe Martinez. « On ne va pas rentrer dans un débat trop technique », a alors balayé le secrétaire d’Etat.

Une promesse d’augmentation pour les enseignants

Le ministre de l’Education a promis aux enseignants « des augmentations substantielles de salaires dès 2021 ». Interrogé sur l’enveloppe de 10 milliards d’ici 2037, Jean-Michel Blanquer a répondu : « Nous sommes engagés dans un processus de revalorisation très important. On est dans cet ordre de grandeur. Pour que les enseignants ne perdent pas, il faut une amélioration de rémunération au début et au milieu de carrière ».

« Comment voulez-vous qu’on vous croie alors que vos premiers gestes ont été de ne pas nous augmenter ? », a réagi Catherine Da Silva, directrice d’école et membre du Snuipp 93, citant le gel du point d'indice et le report d’un an l’augmentation du gouvernement précédent.