Réforme des retraites : Philippe Martinez accuse le gouvernement d’organiser « le bordel »

BRAS DE FER Nous en sommes au 25e jour de grève contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement

20 Minutes avec AFP

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Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT depuis 2015.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT depuis 2015. — Christophe Ena/AP/SIPA

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, accuse le gouvernement d’organiser « le bordel » et de jouer « le pourrissement » du conflit sur la réforme des retraites, au 25e jour d’un mouvement social déjà plus long que celui de 1995. « À l’origine, nous avions encore des réunions prévues en janvier. Mais d’un seul coup, le calendrier s’est accéléré. Ils se sont dits « on va leur coller les ultimatums pendant les fêtes de Noël ». Emmanuel Macron se veut l’homme du nouveau monde, mais il imite Margaret Thatcher », cingle le dirigeant cégétiste dans un entretien au Journal du Dimanche.

Pour Philippe Martinez, « les grévistes sont déterminés » à obtenir le retrait du projet de « système universel » de retraite par points voulu par l’exécutif, qu’il juge « individualiste ». « Il y a une vraie colère. Bien sûr, vingt-quatre jours sans être payé, c’est dur. Mais ce conflit est le reflet de deux ans et demi de souffrance », fait valoir le numéro un de la CGT, « surpris de la solidarité qui se manifeste », notamment à travers des cagnottes de soutien.

« Où est l’acte II du quinquennat ? »

« Le gouvernement fait pleurer dans les chaumières pour jeter le discrédit sur les grévistes », estime le secrétaire général de la CGT, évoquant la circulation de trains « aux trois-quarts vides » et la suspension – sur laquelle la SNCF est revenue – de l’offre de transports pour les enfants voyageant seuls. Selon lui, « avec la grève, on obtient toujours quelque chose. Regardez, depuis deux semaines, on apprend chaque jour que tel ou tel régime spécial sera finalement maintenu ».

« Il a dit qu’il avait changé, qu’il était prêt à l’écoute… Où est l’acte II du quinquennat ? Aujourd’hui, il joue avec le feu : avec le Rassemblement national aux aguets, attiser les rancœurs est dangereux », met en garde le responsable cégétiste. De son côté, le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a dénoncé dimanche une « pression anormale » contre des cheminots non-grévistes et appelé les dirigeants de la SNCF et de la RATP à « agir résolument » contre le « harcèlement » dont seraient « victimes les agents qui ont fait le choix de travailler ».