Guadeloupe : Les élus demandent une révision de la Constitution pour plus d’autonomie

TEXTE Les élus guadeloupéens entendent pouvoir exercer le « droit à la différenciation » tout en restant dans leur cadre juridique de département d’Outre-mer

20 Minutes avec AFP

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Guadeloupe : Les élus demandent une révision de la Constitution pour plus d’autonomie (illustration)
Guadeloupe : Les élus demandent une révision de la Constitution pour plus d’autonomie (illustration) — ASLAN/SIPA

Les élus guadeloupéens ont demandé une révision de la Constitution "afin de doter la Guadeloupe d’une loi organique pour tenir compte de sa situation spécifique et singulière", dans une résolution adoptée à l’unanimité lors de leur congrès, tenu vendredi.

Les élus locaux entendent pouvoir exercer le « droit à la différenciation » tout en restant dans leur cadre juridique de département d’Outre-mer.

« Une évolution de la gouvernance locale »

Le projet de loi constitutionnelle, qui avait été présenté en Conseil des ministres le 9 mai, prévoit d’introduire dans la Constitution le droit à la différenciation et de favoriser l’expérimentation normative pour les collectivités territoriales. L’examen de ce texte, qui devait être examiné avant l’été dernier, a été reporté sine die.

Si la Constitution française ne devait pas être modifiée, les élus demandent au gouvernement « de permettre une évolution de la gouvernance locale, en vue d’adopter des normes à l’échelon local ». En 2003, une évolution institutionnelle de la départementalisation avait déjà été proposée, mais avait été rejetée par la population.

Rendre plus lisible l’organisation territoriale

Aujourd’hui, les élus guadeloupéens estiment que la population de l’île, sensible aux questions liées à l’autonomie alimentaire, énergétique ou même statutaire, est « prête » à cette évolution. L’objectif des élus est de rendre plus lisible l’organisation territoriale de la Guadeloupe, les compétences des collectivités, d’améliorer l’efficacité des politiques publiques.

Lors d’un congrès précédent, en juin, ils avaient en effet alerté sur une « situation sociale, sanitaire, environnementale préoccupante », des « politiques publiques qui apparaissent comme défaillantes aux yeux de la population », un « déclin démographique », des « finances locales qui n’ont jamais été aussi fragiles ». Leur prochain congrès se tiendra dans le courant 2020.