Réforme des retraites : Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites, a démissionné

DEPART Fragilisé par ses « oublis », Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux Retraites, a présenté sa démission à Emmanuel Macron, ce lundi matin

Manon Aublanc

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Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, a quitté ses fonctions au sein du groupe IGS.
Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, a quitté ses fonctions au sein du groupe IGS. — PATRICK GELY/SIPA

Accusé de conflit d’intérêts, Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux Retraites, a présenté sa démission, ce lundi, au président de la République, a annoncé son entourage.

Quelques minutes après, Emmanuel Macron a déclaré qu’il acceptait « avec regret » la démission de Jean-Paul Delevoye, ajoutant que ce dernier sera remplacé « dans les plus brefs délais ».

Des activités et des mandats non déclarés

Depuis une semaine, le « monsieur retraites » du gouvernement est fragilisé par des révélations sur ses activités et mandats non déclarés. Il avait reconnu il y a quelques jours avoir omis de déclarer sa fonction d’administrateur bénévole dans un institut de formation de l’assurance, l’Ifpass. D’autres oublis sont ensuite apparus : il siège bénévolement depuis 2016 au conseil d’administration de la Fondation SNCF, et préside l’Observatoire régional de la commande publique des Hauts-de-France.

Jean-Paul Delevoye a aussi cumulé sa fonction gouvernementale avec celle, rémunérée, de président de Parallaxe, un institut de réflexion sur l’éducation dépendant du groupe de formation IGS, cumul qu’il avait déclaré mais qui, a-t-il appris depuis, n’était pas autorisé. Face à la polémique, il a démissionné de ses fonctions et s’est engagé à rembourser les sommes perçues.

Pour Delevoye, on « veut porter atteinte au projet »

Dans sa nouvelle déclaration d’intérêts adressée à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), il fait état de 13 mandats, dont 11 bénévoles, soit dix de plus que dans la version initiale, avait révélés le journal Le Monde, ce samedi.

Nommé par Emmanuel Macron en septembre 2017 pour préparer la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye considère que la « confiance est fragilisée sous les coups d’attaques violentes et d’amalgames mensongers » et qu’à travers son « procès » on « veut porter atteinte au projet » qu’il juge « essentiel pour la France », a-t-il expliqué dans une déclaration.