Réforme des retraites : Epinglé, Jean-Paul Delevoye démissionne de sa fonction dans les assurances

CONFLIT D'INTERETS Dans sa déclaration d’intérêts, Jean-Paul Delevoye n’a pas mentionné sa fonction d’administrateur bénévole d’un institut de formation dans les assurances

20 Minutes avec AFP

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Jean-Paul Delevoye, le 11 mai 2017 à Paris.
Jean-Paul Delevoye, le 11 mai 2017 à Paris. — Eric FEFERBERG / AFP

Il veut « clore toute polémique ». Quelques heures après les révélations du Parisien sur  sa fonction d'administrateur bénévole d'un institut de formation dans les assurances, Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux retraites a démissionné de sa fonction, ce lundi.

La déclaration d’intérêts du ministre délégué, publiée samedi, sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), ne mentionnait pas sa fonction d’administrateur de l’Institut de formation de la profession de l’assurance (Ifpass) qu’il occupe depuis 2016, avait expliqué Le Parisien.

« Une omission par oubli », justifie Jean-Paul Delevoye

Une « erreur » et « une omission par oubli », a réagi Jean-Paul Delevoye auprès du quotidien. Il dit « n’y [avoir] pas pensé une seconde », en reconnaissant que « ce n’est pas responsable ». « Pour clore toute polémique, j’ai démissionné ce matin de mes fonctions d’administrateur de l’Ifpass » avec effet immédiat, a annoncé le haut-commissaire dans un communiqué lundi, précisant n’avoir assisté « qu’à trois conseils d’administration » depuis qu’il s’est vu confier le chantier des retraites en octobre 2017, la dernière fois « en décembre 2018 ». Jean-Paul Delevoye a été « nommé administrateur de l’Ifpass (…) par le conseil d’administration de l’IGS, fédération d’associations indépendantes à but non lucratif », a-t-il ajouté.

En plein conflit social sur la réforme des retraites, l’information a suscité immédiatement des réactions dans les rangs de la gauche et de la droite. A travers son haut-commissaire « on voit le vrai visage de cette réforme des retraites », où « tout est fait pour pousser les futurs retraités vers des fonds d’assurance », a dénoncé le secrétaire national du PCF Fabien Roussel sur Public Sénat. « Monsieur Delevoye peut mettre à la taxe tout le pays sur les retraites et oublier une partie de ses déclarations d’intérêt, ça c’est pas un problème », a fustigé le leader de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

« On est dans quelque chose de totalement dérisoire »

A droite, la députée Les Républicains, Valérie Boyer, a jugé que « la Macronie a quelque chose de désespérant dans sa constance à donner des leçons de morale et se croire au-dessus des règles ». Pour Marine Le Pen, cet épisode est « une nouvelle illustration » de la politique d’Emmanuel Macron, qui « ne gouverne pas dans l’intérêt des Français : il déconstruit tout notre modèle au profit d’intérêts particuliers et de puissances d’argent ».

« C’est gênant », a de son côté estimé le secrétaire général de la CGT et opposant à la réforme, Philippe Martinez, car « on voit que dans la période, les assureurs privés montrent plus que le bout de leur nez ». « On est dans quelque chose de totalement dérisoire », a en revanche déclaré sur LCI le patron des députés LREM Gilles Le Gendre, défendant « une fonction entièrement bénévole, qu’il n’a pas exercée de façon régulière et n’exerce plus ». Et d’ajouter « Nous avons sacrément besoin de lui ».