Le renseignement militaire russe derrière le piratage de la campagne de Macron

REVELATIONS Selon le quotidien « Le Monde », des hackers russes ont organisé des opérations d’hameçonnage pour dérober des identifiants

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron à Londres, le 3 décembre 2019.
Emmanuel Macron à Londres, le 3 décembre 2019. — Ray Tang/REX/SIPA

Le quotidien Le Monde a publié samedi une enquête affirmant que des hackers liés au renseignement militaire russe (GRU) sont impliqués dans le piratage d’e-mails de l’équipe de campagne d' Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017.

Selon l’article, deux unités hautement spécialisées liées au GRU ont « successivement pris pour cible les comptes e-mail de proches du futur président de la République ».

Des campagnes d’hameçonnage

Le quotidien s’appuie sur les travaux de deux chercheurs spécialisés de Google ainsi que sur une enquête de la société FireEye spécialisée dans la chasse aux pirates informatiques les plus sophistiqués, notamment au sein de l’appareil d’Etat russe.

Ces révélations interviennent deux jours avant la visite à Paris du président russe Vladimir Poutine pour un sommet sur le conflit ukrainien.

Selon Le Monde, un premier groupe de pirates, désigné sous le nom de code APT28, a engagé en mars 2017 une opération d’hameçonnage, consistant à envoyer des e-mails destinés à piéger des cibles pour leur dérober mots de passe et identifiants.

Un mois plus tard, une autre entité, Sandworm selon les chercheurs de Google, a pris le relais avec le même mode opératoire.

Une « opération de déstabilisation »

Le 5 mai, deux jours avant le second tour de la présidentielle, des milliers de documents de campagne d'Emmanuel Macron commençaient à être diffusés sur Internet. Le candidat, élu le 7 mai 2017 face à sa rivale d’extrême droite Marine Le Pen, avait alors dénoncé une « opération de déstabilisation » visant à « semer le doute et la désinformation ».

En avril 2017, un rapport de l’entreprise japonaise de cybersécurité Trend Micro avait déjà attribué au groupe APT28 une tentative d’hameçonnage à grande échelle contre la campagne de Macron. Mais selon Le Monde, cette information n’avait pas été confirmée, ni le fait qu’elle avait porté ses fruits.

La Russie a nié toute implication dans la campagne présidentielle française, comme dans d’autres.

Le GRU est soupçonné de nombreuses interférences électorales, notamment aux Etats-Unis où il est accusé d’être à l’origine du piratage des ordinateurs du parti démocrate américain, prélude au scandale de l’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016.