Assistants d'eurodéputés MoDem: Bayrou au tribunal de Paris pour être entendu par les juges

JUSTICE Le président du MoDem a été convoqué en vue de sa mise en examen par la juge d’instruction du pôle financier chargée de l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés du parti centriste

Bérénice Dubuc

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François Bayrou, le 16 décembre 2017 à Paris.
François Bayrou, le 16 décembre 2017 à Paris. — Philippe LOPEZ / AFP

Le président du MoDem François Bayrou est arrivé ce vendredi matin au tribunal de Paris pour être entendu en vue d'une mise en examen dans l'affaire des assistants d'eurodéputés du parti centriste.

François Bayrou, 68 ans, est arrivé peu avant 9h30 au tribunal, accompagné de son avocat, et s'est dirigé vers le bureau de la juge Charlotte Bilger, chargée de cette enquête. Depuis le 15 novembre, plusieurs figures du MoDem, dont l’ancien garde des Sceaux Michel Mercier ou encore le directeur financier du parti centriste Alexandre Nardella, ont déjà été mises en examen dans ce dossier.

Goulard, Sarnez déjà mises en examen

L’ex-eurodéputée et actuelle vice-gouverneure de la Banque de France, Sylvie Goulard, l’a pour sa part été le 29 novembre. Mercredi, à l’issue de plus de dix heures d’audition au tribunal de Paris, c’était au tour de la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, d’être mise en examen pour détournement de fonds publics.

Les juges cherchent à déterminer si des collaborateurs parlementaires ont été rémunérés par les fonds du Parlement européen alors qu’ils étaient en réalité affectés à d’autres tâches pour le parti centriste.

L’ouverture d’une enquête préliminaire du parquet de Paris, en juin 2017, avait entraîné la démission de François Bayrou du poste de ministre de la Justice, de même que celles de Marielle de Sarnez (Affaires européennes) et de Sylvie Goulard (Armées). Plus récemment, cette affaire a par ailleurs conduit au rejet de la candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire européenne.

« Ca n’est pas parce qu’on vous accuse de quelque chose que c’est vrai »

La semaine dernière, François Bayrou avait relativisé ces poursuites. « Tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française », a-t-il déclaré sur RMC et BFMTV. « Ca n’est pas parce qu’on vous accuse de quelque chose que c’est vrai », s’est-il défendu.

Il a expliqué que les collaborateurs travaillaient « à temps partiel » pour le MoDem et « étaient payés pour une fraction de temps par le Parlement européen et l’autre fraction du temps par (le) mouvement ». « Qu’est ce qu’il y a de répréhensible à ça ? », a-t-il demandé, attribuant la responsabilité de l’affaire à « des calomniateurs ».

Le MoDem n’est pas la seule formation politique dans le viseur de la justice pour des emplois présumés fictifs au parlement européen. Des enquêtes similaires ont ainsi été ouvertes pour La France Insoumise (LFI) et pour le Front national (FN). Dans cette dernière, une vingtaine de personnes, dont Marine Le Pen, ont été mises en examen.