Réforme des retraites : Mais au fait, que proposent les partis d’opposition ?

POLITIQUE Critiques face au plan du gouvernement, les partis d'oppositions divergent sur les pistes pour  réformer le système des retraites

T.L.G.

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Les principaux responsables des partis d'opposition.
Les principaux responsables des partis d'opposition. — photomontage/Sipa
  • L’ensemble des partis d’opposition est contre la réforme des retraites du gouvernement.
  • Les Républicains dénoncent les « fausses promesses » de l’exécutif et le flou du projet.
  • Plusieurs mouvements souhaitent maintenir l’âge légal de départ à la retraite.

Ils souhaitent le retrait du projet, mais pour proposer quoi ? Une grande partie des partis d’opposition a appelé à la mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement ce jeudi. Mais le Rassemblement national, Les Républicains, La France insoumise, le Parti socialiste et Europe Ecologie - Les Verts envisagent des pistes différentes pour réformer le système des retraites. Petit tour d’horizon.

Les Républicains : Sortie des régimes spéciaux, départ à la retraite « autour de 64 ans »

Christian Jacob à Saint-Etienne, le 26 juin 2019.

Les Républicains sont embêtés car le projet de loi macroniste est assez proche de pistes lancées par la droite dans le passé : l’alignement du public sur le privé (tenté par Alain Juppé en 1995, engagé ensuite en 2003 par Jean-Pierre Raffarin) ou la réforme des régimes spéciaux (entamée par Nicolas Sarkozy en 2007). C’est d’ailleurs la seule force principale d’opposition à ne pas avoir appelé à la mobilisation.

La droite a donc attaqué le gouvernement sur la méthode, dénonçant ses « fausses promesses » et le flou du projet. Le président des Républicains Christian Jacob a par ailleurs avancé quelques pistes :

-préserver le pouvoir d’achat des retraités en refusant «toute hausse des cotisations ou toute baisse des pensions».

-le rallongement de l’âge de départ à la retraite « autour de 64 ans », qu’il faudra « étaler dans le temps et indexer sur l’allongement de la durée de la vie », ainsi qu’une «sortie des régimes spéciaux» de retraite, sans s’accorder sur la méthode au sein du parti.

La France insoumise : Départ à 60 ans, pas de pension inférieure au Smic

Jean-Luc Mélenchon dans son bureau à l'Assemblée nationale, le 2 décembre 2019.

Dans un entretien à 20 Minutes, Jean-Luc Mélenchon a annoncé que son mouvement allait présenter un contre-projet avant les fêtes. « On va à nouveau proposer un financement qui permet d’assurer la retraite à 60 ans, après 40 annuités, et par répartition, sans qu’aucune retraite ne soit inférieure au salaire minimum pour les carrières complètes et toujours supérieures au seuil de pauvreté pour les autres ». Le mouvement propose :

-un minimum vieillesse à 1.041 euros, c’est-à-dire au-dessus du seuil de pauvreté.

- une augmentation des salaires pour augmenter le montant de cotisations et financer le projet. Une hausse de 1 % donnerait « 2,5 milliards d’euros de cotisations en plus », selon le patron de LFI, qui souhaite également la fin de l’inégalité des salaires entre hommes et femmes.

- LFI dit vouloir faire contribuer les «revenus financiers des entreprises», « augmenter le nombre de cotisants et de l’assiette des cotisations », et mettre fin aux « exonérations fiscales pour les régimes de retraite par capitalisation ».

Le Parti socialiste : Prise en compte de la pénibilité, égalité hommes-femmes

Olivier Faure, le 30 mai 2018 à Alfortville.

Les socialistes n’ont pas de contre-projet mais présenteront des mesures au moment de l’arbitrage rendu ce mercredi par le gouvernement autour de trois grands principes directeurs : la prise en compte de la pénibilité, l’égalité hommes-femmes dans les salaires et les carrières, une retraite minimum garantie, soit en pourcentage soit en valeur.

Le PS estime que les fonds de réserve public ou privé et le trou de la Sécu bientôt comblé permettront de dégager des ressources. Autre piste de financement envisagée : taxer les transactions financières et mettre à contribution les hauts revenus.

Le Rassemblement national : Un référendum sur la réforme

Marine Le Pen dans son bureau de l'Assemblée répond à nos questions.

Le Rassemblement national a lancé jeudi une pétition pour réclamer un référendum sur cette réforme. Dans un entretien à 20 Minutes, Marine Le Pen dit vouloir « sauver notre sytème des retraites ». Son parti propose un départ à 60 ans si le salarié a bien 40 années de cotisations et envisage de financer le système en :

- réduisant la contribution versée par la France à l’Union européenne et les dépenses liées à l’immigration.

- créant des emplois : « Un million d’emplois créés, c’est 25 milliards de recettes supplémentaires », assure la présidente du RN.

- favorisant la natalité.

Europe Ecologie – Les Verts : Simplifier le système, faire payer les revenus du capital

Julien Bayou, à Toulouse, le 11 août 2019.

Europe Ecologie – Les Verts souhaite la « simplification d’un système aujourd’hui complexe et peu lisible » mais remet en cause la stabililisation des financements des retraites à 14 % du PIB. Le parti entend aussi préserver le principe de pénibilité et prône un âge légal de départ à 62 ans, voire 60 ans en prenant en compte « les années d’étude et de précarité ». « Une réforme ne peut s’envisager que dans un schéma plus global de réduction du temps de travail et d’un Green New Deal », dit aussi à Mediapart Julien Bayou, nouveau secrétaire national des écolos. EELV propose notamment de :

- réduire les inégalités salariales des femmes et augmenter les cotisations sociales.

- réduire le temps de travail afin de créer des emplois et réduire le chômage. Soit par les 32 heures par semaine, soit en agissant sur la durée de vie professionnelle.

- faire payer les revenus du capital (stock-options, intéressement, produits financiers)