« Retour aux fondamentaux », prime à la jeunesse… Les Républicains réunis à Paris pour tenter (encore) de se relever

REFONDATION Christian Jacob veut mettre sur les rails un « grand mouvement de jeunesse » à l’horizon de la rentrée 2020

20 Minutes avec AFP
— 
Christian Jacob, le président des Républicains, le 13 octobre à Paris. (Jacques Witt/SIPA)
Christian Jacob, le président des Républicains, le 13 octobre à Paris. (Jacques Witt/SIPA) — Jacques Witt/SIPA

L’opération reconquête. Encore. Les Républicains réunissent ce samedi à Paris leur Conseil national, sorte de parlement du parti convoqué deux fois par an, pour « relever la tête » à quatre mois des municipales. Il se tient quelques semaines après l’élection de  Christian Jacob, qui a succédé à Laurent Wauquiez après la gifle des européennes fin mai (8,5 % des voix).

Au total, 400 personnes sont attendues à 14h au siège du parti, rue de Vaugirard. « On va essayer d’être les plus interactifs possible et de supprimer les discours » promet Jacob, ancien chef des députés LR à l’Assemblée, qui travaille depuis son arrivée à reconstruire le parti en s’appuyant sur sa base. Au programme de ce « conseil national de lancement », une longue séance de questions-réponses avec la salle et la présentation d’une « nouvelle méthode de travail » autour de 12 thématiques, explique la présidente de l’instance, Annie Genevard.

Un congrès des idées en juillet

Autorité de l’Etat, emploi, réchauffement climatique, fractures territoriales… « On va retrouver nos fondamentaux sur le régalien, mais on va aussi sur des pistes de plus en plus importantes aux yeux des Français et qui sont à nos yeux mal traitées ou insuffisamment traitées » ajoute-t-elle.

Chacun de ces forums planchera une fois par mois avec des représentants du terrain (élus, société civile) jusqu’à un « congrès des idées » prévu début juillet.

Prime à la jeunesse

Christian Jacob veut aussi mettre sur les rails un « grand mouvement de jeunesse » à l’horizon de la rentrée 2020. L’ambition : « qu’on soit le premier parti politique à avoir un vrai mouvement de jeunesse qui soit autonome dans son budget, ses actions et sa gouvernance », affirme-t-il. Avant le Conseil, une centaine de Jeunes LR ont appelé dans l'Opinion à « la refondation d’une droite sociale, attachée au mérite et à l’égalité des chances, résolument soucieuse des plus précaires ».

Pour Annie Genevard, il faut « que la droite, absente du deuxième tour de la présidentielle en 2017, relève la tête. Jusqu’à présent, elle courbait l’échine sous le coup de défaites électorales, je voudrais qu’elle porte un nouveau regard sur elle-même et se dise "oui, nous pouvons redevenir une force d’alternance" ».

Des fractures en interne

Mais les déchirures récentes ne sont pas oubliées. Les Républicains voient en effet leur espace rogné par LREM d’un côté, qui a aspiré une partie des effectifs LR, et l’extrême droite de l’autre, où certains prônent l'« union des droites ». Dans l’Hérault, le président de la fédération, Sébastien Pacull, vient de démissionner par désaccord avec le choix de LR de soutenir le maire sortant de Sète, soutien d’Emmanuel Macron. A Marseille, Bruno Gilles, président de la fédération des Bouches-du-Rhône, a refusé de jeter l’éponge après que LR a confié mercredi son investiture pour les municipales à sa rivale Martine Vassal.

A Paris aussi, le travail de conviction reste à faire : le maire LR du XVIIe, Geoffroy Boulard, vient de lancer sa campagne sans allusion à aucun parti. Et Christian Jacob ne décolère pas de voir LREM rallier des propres candidats LR, dans une « stratégie de brouillage pour masquer leur manque d’ancrage territorial » selon lui.