Municipales 2020 : Emmanuel Macron se prononce contre l’interdiction des listes communautaires

MAIRES Après avoir boudé l’évènement en 2018, Emmanuel Macron a livré un discours devant le congrès des maires de France, ce mardi

20 Minutes avec AFP

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Le président de la République Emmanuel Macron, le 30 octobre 2019 à Paris.
Le président de la République Emmanuel Macron, le 30 octobre 2019 à Paris. — Jacques Witt/SIPA

A quatre mois des élections municipales, le président de la République, Emmanuel Macron, a promis de nouvelles mesures contre le communautarisme « dans les prochaines semaines », mais s’est prononcé contre l’interdiction des listes communautaires.

Le président français s’exprimait, ce mardi, devant plusieurs milliers d’élus réunis pour le Congrès des maires de France. En 2018, le chef de l’Etat avait fait l’impasse sur le rendez-vous avec les maires porte de Versailles à Paris, dans un climat tendu avec les élus locaux.

« Il ne s’agit pas de proclamer l’interdiction pour régler le problème »

Une réponse en forme de fin de non-recevoir au patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, qui a déposé le 8 novembre une proposition de loi pour lutter contre les « listes communautaristes », en pleine polémique sur ce sujet et le voile, dans le sillage du débat sur l’immigration au parlement voulu par le chef de l’Etat. « C’est un renoncement de plus. La République doit poser des limites. Avec ce raisonnement on ne dissoudrait pas les mouvements antirépublicains. L’immobilisme est en marche, rien ne l’arrêtera ! » a réagi Bruno Retailleau.

Visant « l’islam politique » et « l’islamisme politique » de ceux qui ont « un projet de séparation d’avec la République », le chef de l’Etat a affirmé que le gouvernement porterait « des actions nouvelles concrètes dans les prochaines semaines » sans plus de précisions.

La difficulté d’identifier les listes électorales communautaires

Mais, face aux listes électorales communautaires, « il ne s’agit pas de proclamer l’interdiction pour régler le problème », a-t-il dit, soulignant la difficulté de les identifier. Le texte vise notamment à empêcher le dépôt de listes ou le financement de candidats menant une « campagne communautariste » et soutenant des revendications « fondées sur l’origine ethnique ou l’appartenance religieuse ».

« Comment les définir ? Qui en serait le juge et selon quels critères ? » « Qui peut penser d’ailleurs que de telles listes se présenteront à visage découvert ? » a lancé Emmanuel Macron qui a appelé au « combat politique ». Il faut « faire tomber les masques de ceux qui combattent la devise inscrite sur les frontons des mairies qu’ils convoitent ».

« Des lois nouvelles ou des décisions plus fortes »

« Je ne peux bien entendu rester silencieux sur la question du communautarisme, de l’islamisme politique », a dit Emmanuel Macron, à des maires dont plusieurs lui ont fait remonter des cas d’associations salafistes très actives dans leur commune. « Douze lieux de culte ont ainsi été fermés, 4 écoles hors contrat, 9 établissements associatifs, près de 130 débits de boissons », a précisé le chef de l’Etat.

« Cette action continuera d’être menée », a-t-il dit aux maires, « peut-être faut-il des lois nouvelles ou des décisions plus fortes ». « Mais je veux nous appeler collectivement à ne pas tout confondre », « ça n’est en aucun cas un cadre de combat ou d’exclusion » contre une partie de la société française. « Ce serait une profonde erreur historique et une faute lourde politique ».