Marche contre l’islamophobie : « Vivre ensemble, c’est urgent » disent les manifestants dans le cortège parisien

MANIFESTATION 13,500 personnes ont défilé selon le cabinet Occurence ce dimanche entre la gare du Nord et la place de la Nation, à Paris

Rachel Garrat-Valcarcel

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Une affiche "Français et musulmans, fiers de nos deux identités" lors de la marche à Paris contre l'islamophobie dimanche 10 novembre 2019.
Une affiche "Français et musulmans, fiers de nos deux identités" lors de la marche à Paris contre l'islamophobie dimanche 10 novembre 2019. — AFP

« Vivre ensemble, c’est urgent ». Voilà le genre de messages que l’on pouvait entendre lors de la marche contre l’islamophobie ce dimanche à Paris. Selon un comptage réalisé par le cabinet Occurence pour un collectif de médias, dont l’AFP, 13.500 manifestants étaient rassemblés dimanche en début d’après-midi à Paris pour cette manifestation, qui a fortement divisé le monde politique. « Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant », « stop à l’islamophobie », pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants et manifestantes. Il y avait aussi de nombreux drapeaux français. « Solidarité avec les femmes voilées », ont scandé des participants.

La manifestation, à l’appel de plusieurs personnalités et organisations comme le NPA ou encore le Collectif contre l’islamophobie en France, partie de la gare du Nord, doit arriver vers 16h place de la Nation. Des manifestations doivent également avoir lieu à Marseille et à Toulouse. L’appel à manifester a été lancé le 1er novembre dans le quotidien Libération, quatre jours après l’attaque d’une mosquée à Bayonne et sur fond de débat ravivé sur le port du voile et la laïcité. Vers 16h, les organisateurs ont revendiqué 25.000 participants.

« On entend tout et n’importe quoi sur l’islam »

« On veut se faire entendre, prôner une société mixte et le vivre-ensemble, ne pas être écartés de la société » a déclaré Asmae Eumosid, une femme voilée de 29 ans venue d’Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). « On entend tout et n’importe quoi sur l’islam et sur les femmes voilées aujourd’hui. On essaie de stigmatiser les musulmans, de les mettre à l’écart de la société », a assuré cette ingénieure dans l’automobile.

Depuis l’appel à manifester, la classe politique se déchire au sujet de ce rassemblement. Mais plusieurs élus de La France insoumise étaient présents, dont son chef de file, Jean-Luc Mélenchon, qui a appelé avant le départ de la marge à ne pas « confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie ». Car la notion même d'« islamophobie » ainsi que l’identité de certains signataires de l’appel ont conduit une partie de la gauche à ne pas s’y associer, au PS ou au PRG.

Dimanche matin sur Europe 1, Gabriel Attal, le secrétaire d’Etat en charge de la Jeunesse, a qualifié la manifestation d'« insupportable ». « Vous avez dans cette manifestation, pas seulement avec ceux qui vont aller dans la rue, mais aussi ceux qui ont signé l’appel à manifester, des gens qui incarnent le communautarisme islamiste », a-t-il déclaré.