Le PS ne se rallie pas à la manifestation de dimanche contre l’islamophobie

DESACCORD Les socialistes ne veulent pas s’associer à une manifestation qui, d’après eux, considère liberticides certaines lois de laïcité

20 Minutes avec AFP

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Au nouveau siège du Parti socialiste, à Ivry-sur-Seine.
Au nouveau siège du Parti socialiste, à Ivry-sur-Seine. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Le Parti socialiste « ne participera pas à la manifestation du 10 novembre » à Paris contre l’islamophobie, car « nous ne voulons pas nous associer à certains des initiateurs de l’appel », indique le parti dans un communiqué publié ce mercredi. « Nous ne nous reconnaissons pas dans ses mots d’ordre qui présentent les lois laïques en vigueur comme "liberticides" », indique une résolution du PS, adoptée mardi soir par son Bureau national.

Une cinquantaine de personnalités ont lancé un appel à manifester le 10 novembre à Paris pour dire « STOP à l’islamophobie » et à la « stigmatisation grandissante » des musulmans, après l’attaque d’une mosquée et de nouvelles tensions autour du voile. Parmi les personnalités appelant à défiler à Paris, on trouve le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez la journaliste et réalisatrice Rokhaya Diallo, l’avocat Arié Alimi, la journaliste Aida Touihri ou encore Esther Benbassa, sénatrice EELV de Paris.

Le PS ne reprend pas le terme d’islamophobie

Le PS ne reprend pas non plus le terme d'« islamophobie » dans sa résolution. Selon lui, « l’attentat perpétré il y a quelques jours à la mosquée de Bayonne est un acte odieux contre nos concitoyennes et concitoyens de confession musulmane et donc contre la République ». « Des insultes quotidiennes à l’attentat de Bayonne, nos compatriotes sont la cible de l’extrême droite identitaire. Nous condamnons toutes celles et tous ceux qui arment par leurs discours la haine à leur encontre », insiste-t-il.

« Nous nous reconnaissons au contraire dans la France républicaine où la laïcité garantit la liberté de conscience et la liberté religieuse à chacune et chacun, comme le droit de critiquer les religions ». « Le combat contre la haine des musulmans doit être celui de la République tout entière, nous appelons l’ensemble des organisations républicaines à se retrouver pour porter ensemble ce combat », ajoute la résolution.