Police et gendarmerie: L'Assemblée vote un budget en hausse de 4%

SECURITE Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a assuré que le maintien de l’ordre était « la priorité » du gouvernement

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à l'Assemblée (illustration).
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à l'Assemblée (illustration). — CHAMUSSY/SIPA

L’Assemblée nationale a voté mardi soir un budget 2020 à nouveau en hausse pour la police et la gendarmerie, « première priorité du gouvernement » selon Christophe Castaner, face à une opposition dénonçant un soutien « insuffisant » à des forces de l'ordre en «plein malaise».

La mission « sécurité », telle qu’elle est intitulée dans le budget, va disposer en 2020 de 13,8 milliards d’euros de crédits, une augmentation « de 525 millions », a souligné le ministre de l’Intérieur, revendiquant en 2020 la création de « 1400 emplois net » dans la police nationale « et » 490 postes équivalent temps plein « pour la gendarmerie. Ces postes font partie du » plan de recrutement sur cinq ans de 7.500 policiers et 2.500 gendarmes" au total, a rappelé le rapporteur Romain Grau (LREM).

« La sécurité est la première priorité de ce gouvernement », a estimé Christophe Castaner, avec trois budgets d’affilée en hausse. Mais « je n’ai pas la prétention » par ce seul budget de « régler tous les problèmes ou la crise profonde que traversent la police, la gendarmerie ou les sapeurs pompiers ».

Le ministre a aussi rappelé le paiement aux policiers de près de 3,5 millions d’heures supplémentaires pour un montant de 50 millions d’euros fin 2019 et les 26,5 millions d’euros « prévus dans le budget 2020 pour éviter que nous reconstituions le stock ».

Un budget « pas à la hauteur » selon LR

Voté à 55 voix contre 26, ce budget a été soutenu par la majorité, ainsi que par l’UDI-Agir, même si Christophe Naegelen a réclamé « plus d’ambitions » et des investissements mieux « fléchés » pour aider « des forces de sécurité à bout ».

LR, communistes, insoumis ou PS ont voté contre. Pour Eric Diard (LR), ce budget n’est « pas à la hauteur (…). » « L’uniforme ne protège plus, il expose. Comment accepter cette explosion des violences à l’égard de ceux qui nous protègent ? ». Chez les socialistes, George Pau-Langevin a regretté qu’il y ait « plus de policiers mais moins de moyens », pendant que le communiste Stéphane Peu insistait sur « le grand malaise dans ces professions et le nombre record de suicides ». Ugo Bernalicis (LFI) a aussi critiqué la suppression de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj).

Le 2 octobre, à l’appel d’une large intersyndicale, des milliers de policiers avaient défilé à Paris pour une «marche de la colère» sur fond de malaise de l’institution, hausse des suicides et inquiétudes sur la réforme des retraites.