Immeubles effondrés à Marseille : L’Etat n’a versé que 17 des 240 millions promis

MAL-LOGEMENT Les 240 millions promis après les effondrements d’immeubles à Marseille seront en fait versés sur 10 ans, indique une source au ministère du Logement

J.S.-M. avec AFP

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Certains immeubles de Marseille sont dans un état de délabrement très avancé.
Certains immeubles de Marseille sont dans un état de délabrement très avancé. — Adrien Max / 20 Minutes
  • L’Etat n’a versé que 17 des 240 millions promis quelques semaines après les effondrements d’immeubles rue d’Aubagne, à Marseille.
  • Le ministère du Logement assure vouloir « désormais accélérer la réhabilitation de l’habitat à Marseille ».

« Les calculs ne sont pas bons. » Selon l’AFP, l’Etat aura engagé d’ici la fin de l’année 2019 17 millions d’euros pour la lutte contre le mal-logement à Marseille. Le ministre du Logement Julien Denormandie avait promis 240 millions d’euros pour la lutte contre l’habitat indigne à Marseille après l’effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne, le 5 novembre 2018.

Un an plus tard, révèle une source proche du ministre sollicitée par l’AFP, seuls 17 millions d’euros « auront été payés ou engagés par l’Anah (agence nationale de l’habitat) pour la rénovation de Marseille ».

Les 240 millions versés sur 10 ans

« Cela a permis de prendre en charge des mesures d’urgence pour les familles du centre-ville, le lancement des études pour les opérations de rénovation de l’habitat dégradé du centre-ville ou encore des travaux d’urgence sur les copropriétés dégradées », a détaillé cette source. Les 240 millions, assure cette source, seront versés « sur dix ans ».

Le ministère du Logement a assuré dans un communiqué vouloir « désormais accélérer la réhabilitation de l’habitat à Marseille », en créant « une société d’aménagement commune, associant l’Etat et les collectivités », avant la fin de l’année. L’objectif de cette société sera de « racheter les logements insalubres, de les rénover et de les remettre sur le marché ».

Cette société s’inscrit dans le cadre d’un projet de partenariat d’aménagement doté d’un budget de 217 millions d’euros (sur 15 ans) signé par l’Etat avec la métropole et la ville. Le ministre rappelle aussi qu’au titre de la rénovation urbaine, 117 millions d’euros ont également été « validés », notamment en centre-ville. Il affirme enfin que l’Anah « finance jusqu’à 100 % des travaux d’urgence dans les copropriétés et pour les travaux exécutés par les collectivités quand elles les exécutent en substitution des propriétaires pour le traitement de l’habitat indigne ».

Après le drame de la rue d’Aubagne, des milliers de personnes vivant dans des immeubles frappés d’arrêtés de péril ont été évacuées. Selon la mairie, plus de 3.000 personnes ont été évacuées en un an, de plus de 356 immeubles. 300 sont encore en attente d’un relogement définitif.