Incendie de l’usine Lubrizol : Le préfet plaide pour un message téléphonique plutôt qu’une sirène en cas de crise

INFORMATION Le préfet de Normandie estime qu’un message téléphonique serait plus efficace qu’une sirène pour alerter la population en cas d’incident

20 Minutes avec AFP

— 

L'usine Lubrizol de Rouen en feu, le 26 septembre 2019.
L'usine Lubrizol de Rouen en feu, le 26 septembre 2019. — Robin Letellier/SIPA

Un mois après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, a plaidé ce mercredi pour la mise en place d’un système d’information des populations plus efficace, par message téléphonique plutôt que par sirène comme c’est le cas actuellement en cas de crise.

Entendu par la mission d’information de l’Assemblée nationale, le préfet est revenu sur la communication aux populations lors de l’incendie de l’usine Lubrizol, le 26 septembre dernier, « éminemment perfectible » selon lui. « Nous ne pouvons pas gérer des crises du XXIe siècle avec un outil du XXe siècle », a-t-il déclaré, faisant référence aux sirènes « issues de la défense passive des années 1930 ».

La « moins mauvaise décision » selon Pierre-André Durand

« Il y a eu des évolutions technologiques sur le sujet (…) il nous faudra passer à des systèmes de " cell broadcast " », de diffusion cellulaire qui permet « par le bornage des téléphones portables d’envoyer d’office des messages à tous les téléphones qui dépendent d’une zone (…) en étant certain que toutes les personnes seront touchées avec un message adapté », a-t-il déclaré devant les députés.

« Ce système serait vraiment le moyen d’avoir une information et une alarme du citoyen parfaitement calibrées en temps réel », a-t-il ajouté. Revenant sur sa décision de ne pas sonner les 31 sirènes du plan particulier d’intervention (PPI) de Rouen le 26 septembre, Pierre-André Durand a jugé avoir pris la « moins mauvaise décision », expliquant avoir choisi d’attendre 7h51 pour sonner les deux sirènes les plus proches du site et de communiquer dans l’intervalle sur Twitter et les radios.

« J’ai considéré que déclencher les sirènes était contre-productif »

« J’ai fait le choix de mettre le paquet sur l’information directe de la population et de le faire par les voies de tweets, de prise de son presse, de conférence de presse, d’essayer de communiquer un maximum pour expliquer ce qui se passait, et pour indiquer les bons comportements », a-t-il déclaré. « J’ai considéré que déclencher les sirènes était contre-productif alors que la population était de fait confinée ou à l’abri. J’aurais inévitablement créé les effets inverses », a estimé Pierre-André Durand, évoquant le risque d’avoir « des mouvements de panique ». Il a observé que peu de personnes connaissent « la conduite à tenir » en cas de sirène.

En début de séance, le président de la mission d’information Christophe Bouillon (PS) a proposé la création d’une Autorité de sûreté des sites Seveso​. « Cette autorité indépendante serait dotée d’un budget propre et d’un pouvoir de sanction. Son président serait nommé pour un mandat non reconductible et soumis à un accord des deux assemblées », a-t-il déclaré.