Gard : Des centaines de militants anti-corrida, dont Rémi Gaillard, ont manifesté à Rodilhan

MANIFESTATION Comme depuis une dizaine d'années, les opposants à la tauromachie se sont retrouvés dans ce village du Gard

Jérôme Diesnis

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Rémi Gaillard, lors de la manifestation anti-corrida dans le Gard, dimanche.
Rémi Gaillard, lors de la manifestation anti-corrida dans le Gard, dimanche. — Twitter Rémi Gaillard

Depuis une dizaine d’années, les anti-corridas font entendre leur voix, à Rodilhan, dans le Gard. Une fois encore, dimanche, plusieurs centaines de militants opposés à la tauromachie se sont rassemblées dans ce village de 2.800 habitants, pour protester contre la tenue d’un festival taurin. Ils étaient entre 500 et 700, selon le Crac, le Comité radicalement anti-corrida, qui a appelé à manifester dimanche.

Un important dispositif de sécurité avait été mis en place par les forces de l’ordre, qui ont essuyé quelques jets de pierres, et qui ont fait usage de gaz lacrymogène. Selon Midi Libre, deux militants anti-corridas ont été légèrement blessés.

« Une zone de guerre civile »

Parmi les opposants à la corrida, il y avait Rémi Gaillard. « Tu viens dire que tu es opposé à la corrida, et si tu ne te soumets pas, tu es gazé, tu peux être matraqué, s’insurge auprès de 20 Minutes le vidéaste montpelliérain, défenseur de la cause animale, qui s’était déjà rendu à Rodilhan en 2018. On aurait dit une zone de guerre civile. C’était hallucinant, j’ai vu des scènes hallucinantes. Franchement, nous étions là de façon tout à fait pacifique. A part faire du bruit pour essayer de nuire à la corrida… »

« Le bruit dirigé vers les arènes est notre arme principale… Sirène, porte-voix, corne de brume, tambour, clairon, cuillère sur les barrières, cris, confirme Sophie Lavorel, membre du Crac, qui était elle aussi présente dimanche à Rodilhan. Un réel tintamarre, non-stop, qui a dû perturber [les spectateurs], à défaut d’empêcher les massacres. »

« Rodilhan est devenue une véritable ville symbole, depuis les événements de 2011, où des militants avaient été lynchés par des aficionados », poursuit Thierry Hély, le président de la FLAC, la Fédération des luttes pour l’abolition des corridas. Le 8 octobre 2011, des dizaines d’opposants à la corrida s’étaient enchaînées dans les arènes de la petite commune, avant d’être frappés et évacués avec brutalité de l’enceinte. Un procès avait eu lieu, et plusieurs condamnations avaient été prononcées en 2016.

Ces opposants à la corrida, Serge Reder, le maire de Rodilhan, les appelle des « anti-tout ». « On les voit un peu partout, là où il y a un barrage qui les gène, là où il y a un aéroport qui les gène, là où il y a une autoroute qui les gène, confie l’élu à 20 Minutes. La tauromachie est un sujet, mais c’est avant tout la liberté que je défends. Je veux qu’on nous laisse dans notre liberté, la France est un pays de liberté, là, la liberté est agressée. » Les organisateurs du festival taurin n’ont pas donné suite à nos sollicitations.