Le premier secrétaire du PS dénonce la stigmatisation de l’islam en France

ISLAMOPHOBIE Olivier Faure a mis en garde contre une conception selon lui trop extensive du respect de la laïcité

20 Minutes avec AFP

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Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. (archives)
Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. (archives) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a dénoncé ce dimanche, en plein retour du débat sur le voile islamique, une stigmatisation de l’islam en France, et dit « partager la souffrance » des Français musulmans. « On ne parle d’islam que pour, à chaque fois, en dénoncer les travers, qui existent », a jugé Olivier Faure dans l’émission politique d’Europe 1, CNews et Les Echos.

Les « communautaristes » et « les gens qui sont radicalisés (…) doivent être combattus, mais ceux-là seulement », a-t-il poursuivi : « Pour tous les Français de confession musulmane, je m’associe à leur souffrance, parce que je pense que c’est dur pour eux aujourd’hui d’avoir en permanence le sentiment qu’on est jugé, qu’on est stigmatisé, qu’on doit rendre des comptes. »

Une proposition de loi LR contre le voile dans les sorties scolaires

Le Sénat examinera mardi une proposition de loi des Républicains (LR) visant à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnant des sorties scolaires. Selon un sondage Ifop-JDD, trois Français sur quatre seraient favorables à une telle interdiction. « Est-ce qu’une femme qui tient la main d’un enfant pour lui faire traverser un passage piéton, c’est une éducatrice ? », a interrogé Olivier Faure : « Si vous dites que cela a un lien avec l’école, alors il faut aussi empêcher les mamans de rentrer à l’école avec un foulard. »

Le patron du PS, dont le parti s’oppose à ce texte, a mis en garde contre une conception selon lui trop extensive du respect de la laïcité. « Vous imaginez que le curé en soutane ne pourra plus avoir sa soutane, que la bonne sœur ne pourra plus se déplacer, que celui qui a une kippa ne pourra plus la porter ? », a-t-il questionné, ajoutant que « dans tous les pays où on a cherché à éradiquer de l’espace public tout signe religieux, tout signe de foi, ils sont revenus avec plus de force encore. »