« Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire », estime Emmanuel Macron

POLEMIQUE Le chef de l’Etat a réagi au débat qui agite depuis plusieurs semaines la classe politique sur le port du voile chez les mères accompagnantes de sorties scolaires

20 Minutes avec AFP

— 

Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron.
Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron. — Jacques Witt

Alors que les débats autour du port du voile chez les mères accompagnantes de sorties scolaires, et par extension le port du voile dans la société, se poursuivent, Emmanuel Macron a estimé ce jeudi que ce n’était « pas son affaire ».

« Le port du voile dans l’espace public n’est pas mon affaire. Dans les services publics, à l’école, c’est mon affaire », a clarifié Emmanuel Macron, lors d’une interview accordée à la chaîne Réunion la 1ère.

Pour Jean-Michel Blanquer, le port du voile n’est « pas souhaitable dans notre société »

« Dans les services publics, il y a un devoir de neutralité. Quand on éduque nos enfants, on demande qu’il n’y ait pas de signe religieux ostentatoire ». « Après, ce qui se passe dans l’espace public, c’est pas l’affaire de l’Etat ou du président de la République », a-t-il ajouté, alors que la polémique divise même au sein de son gouvernement.

Le chef de l’Etat intervient dans les débats qui agitent depuis plusieurs semaines la classe politique sur le port du voile chez les mères accompagnantes de sorties scolaires, et par extension à la question du port du voile dans la société. Il répond à la présidente du RN Marine Le Pen qui demande l’interdiction du voile et des signes religieux ostentatoires dans « tout l’espace public » mais aussi à son ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer, qui avait déclaré que le voile n’était « pas souhaitable dans notre société », car contraire aux valeurs de l’égalité hommes-femmes.

« Je n’ai rien à dire sur leur vie spirituelle », estime Emmanuel Macron

En revanche, Emmanuel Macron s’en est pris de nouveau au « communautarisme ». « Le voile est utilisé dans certaines circonstances, certains quartiers, par certains, comme instrument de revendication et de séparatisme dans la République, qu’on appelle communautarisme ». « Il y a aujourd’hui des femmes et des hommes qui disent “de par ma religion je n’adhère plus aux valeurs de la République” (…) Et ça, c’est un problème pour moi, j’ai un problème avec une revendication qui devient politique ».

« Je demande à nos concitoyens de respecter toutes les lois de la République mais je n’ai rien à dire sur leur vie spirituelle », a-t-il conclu, ajoutant « c’est ça la laïcité ». Mais « si on confond les sujets, on ne peut régler le cœur du problème de la république française, qui est le communautarisme », a-t-il répété.