Strasbourg : Le maire Roland Ries, « exclu » du PS regrette le « caporalisme » du parti

POLITIQUE Le maire de Strasbourg Roland Ries (PS) est « exclu informellement » du parti, il lui est reproché d’être signataire d’une tribune parue dans « Le Journal du Dimanche » où il appelle à la création d’un « pôle de gauche dans la majorité » gouvernementale

Gilles Varela

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Le maire de Strasbourg Roland Ries. Le 19 mai 2019 à Strasbourg.
Le maire de Strasbourg Roland Ries. Le 19 mai 2019 à Strasbourg. — Elyxandro CEGARRA/SIPA
  • Roland Ries, maire de Strasbourg (PS) a signé une tribune dans le Journal du Dimanche où il appelle à la création d’un « pôle de gauche dans la majorité » gouvernementale.
  • Depuis, par voie de presse, il a appris qu’il était « exclu » informellement du parti par son premier secrétaire Olivier Faure.
  • Le maire, fidèle au parti depuis 45 ans, regrette « un manque d’ouverture, de dialogue et de propos clivants » qui prévaudrait au PS.

Avoir été signataire d’une tribune du Journal du Dimanche appelant à la création d’un «  pôle de gauche dans la majorité » gouvernementale pour porter « une voix sociale et républicaine », semble avoir déplu au premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. Roland Ries, maire de Strasbourg (PS) a appris par voie de presse son « exclusion informelle » du parti. Dans un entretien accordé à l’AFP ce mercredi, Roland Ries blâme la direction du PS.

« Je ne crois pas que l’on règle des problèmes politiques par des actes d’autorité, par le caporalisme, l’orthodoxie proclamée et les exclusions mais par la discussion et l’acceptation de la différence », a-t-il expliqué à nos confrères. Poursuivant qu’il n’imaginait pas « que le PS pouvait encore en être à ce niveau-là », l’élu regrette « la fermeture, l’autoritarisme, le caporalisme » dans le parti. « Tout cela ne s’attaque pas à la racine des choses et au fait que le PS est tombé très bas en l’espace de très peu de temps », a-t-il insisté.

« Vouloir faire perdurer cet esprit d’ouverture »

Dans un communiqué, le maire Roland Ries fait part de son étonnement et « regrette qu’Olivier Faure « n’ait pas plutôt saisi l’occasion de cette tribune signée par de nombreux élus issus du PS, pour s’interroger sur le sens d’une telle prise de position et sur ce qu’elle révèle du fonctionnement actuel du Parti Socialiste. »

Roland Ries appelle à « un véritable examen de conscience » du parti, qui « tarde à venir », et souligne « la baisse vertigineuse du nombre de ses militants, sa perte d’influence, ses propos de plus en plus inaudibles. » L’élu qui est membre du parti depuis 45 ans, reproche « le refus du dialogue qui prévaut, les propos clivants et le repli sur soi qui sont bien loin du parti auquel il a été si longtemps attaché. Et c’est ce qui m’attriste le plus aujourd’hui. »

« Orienter la politique nationale vers la gauche »

Fort de sa longue expérience, Roland Ries explique avoir démontré à l’échelle locale « comment pratiquer une politique de gauche, en rassemblant toutes ses composantes, et en les enrichissant de l’apport des Verts et de la société civile. » L’homme qui se dit fidèle à ses convictions socialistes et se définit plus que jamais comme social démocrate, concède vouloir « faire perdurer cet esprit d’ouverture, en orientant la politique nationale vers la gauche. Une position non incantatoire, mais réaliste et pragmatique, à l’heure où le danger de la dérive populiste nous menace. »

Quid de la question de son soutien pour les prochaines municipales. Si Roland Ries s’est engagé à ne pas se représenter, il n’a toujours pas indiqué sur quel candidat son choix allait se porter. Sur Mathieu Cahn, tête de liste de la liste PS ? Sur son premier adjoint Alain Fontanel, ex PS et qui mènera la liste LREM ? Si Roland Ries a soutenu à maintes reprises qu’il n’apporterait son soutien à l’un des candidats qu’en janvier prochain, cette nouvelle « liberté recouvrée » pourrait peut-être précipiter l’annonce de sa décision…