Droit de retrait à la SNCF : Emmanuel Macron regrette qu’on puisse « bousculer le quotidien » des Français

REACTION De nombreux agents de la SNCF ont fait valoir leur droit de retrait, ce week-end, après la collision, mercredi dernier, entre un TER reliant Charleville-Mézières à Reims

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron à Bruxelles, le 28 mai.
Emmanuel Macron à Bruxelles, le 28 mai. — Frederic Sierakowski / Is/SIPA

Cinq jours après le début du mouvement des cheminots, qui a fortement perturbé le trafic ferroviaire ce week-end, Emmanuel Macron s’est exprimé pour la première fois. La situation de la SNCF « ne justifie pas de bousculer le quotidien de certains de nos concitoyens », a estimé le président français, ce mardi au micro de BFMTV.

« Le Premier ministre et les ministres (…) font ce qu’ils doivent faire dans un contexte qui est, on le sait, difficile », a ajouté Emmanuel Macron, interrogé depuis Mayotte, où il effectue un déplacement.

« Nous devons changer beaucoup de choses »

« Je pense que le pays doit débattre, des transformations doivent se conduire aussi parce que nous devons changer beaucoup de choses », a-t-il dit. « Je ne vais pas commenter l’actualité de l’Hexagone et surtout ce que le gouvernement est en train de faire et de bien faire », a-t-il ajouté.

De nombreux agents de la SNCF ont fait valoir leur droit de retrait, vendredi, après la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-Mézières à Reims, dans lequel le conducteur était le seul agent SNCF présent, et un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau. Le conducteur, touché à une jambe, a dû porter secours aux voyageurs, dont une dizaine de blessés.

Pas de poursuites judiciaires contre les cheminots

« Grève surprise » pour la direction de la SNCF, droit de retrait appliqué pour contester un mode de fonctionnement (un conducteur par TER) selon les syndicats, le mouvement a fortement perturbé le trafic ferroviaire vendredi et samedi, avant une reprise progressive. Samedi, le Premier ministre Edouard Philippe avait dénoncé un « détournement du droit de retrait » et une « grève sauvage » et « demandé à la SNCF d’examiner toutes les suites, y compris judiciaires, qui pouvaient être données lorsque des gens ne respectent pas la loi ».

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a rappelé mardi sur France Inter que « la SNCF avait annoncé que, puisque le travail a repris, elle ne ferait pas de poursuites » judiciaires​. Le trafic devait être quasiment normal mardi, avec « neuf TER sur dix » et un trafic normal pour les TGV et Ouigo, ainsi que pour les RER et Transilien en Ile-de-France selon les prévisions de la SNCF.