Auvergne-Rhône-Alpes : La chambre régionale des comptes épingle le salaire « disproportionné » d'un proche de Laurent Wauquiez

ECONOMIE Ce proche collaborateur du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes gagnerait plus du double de la moyenne de ses collègues

C.G. avec AFP

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La démission de Laurent Wauquiez de la présidence des Républicains peut-elle avoir une incidence sur les élections municipales et métropolitaines à Lyon.
La démission de Laurent Wauquiez de la présidence des Républicains peut-elle avoir une incidence sur les élections municipales et métropolitaines à Lyon. — J.P Clatot / AFP

 La chambre régionale des comptes a épinglé « la situation atypique » d’Ange Sitbon, un collaborateur du président de la Région, rémunéré 9.000 euros nets par mois. Un montant qui lui semble « disproportionné ».

Ce sont les termes employés par la chambre dans son rapport d’observations définitives sur la gestion de la collectivité entre 2015 et 2018, comme le révèle le site d'information Rue89 Lyon. Ce rapport, qui n’a pas encore été rendu public par la Chambre, a été examiné lors de l’assemblée plénière du conseil régional, jeudi et vendredi à Lyon.

Ange Sitbon, ancien tacticien électoral de l’UMP et de LR, que l’opposition régionale de gauche présente comme « l’homme des basses besognes clientélistes » de la majorité de droite, avait été recruté comme agent contractuel le 7 avril 2016 par Laurent Wauquiez, élu président de la région quatre mois plus tôt.

Un salaire deux fois plus élevé que la moyenne

A l’époque, il est engagé en qualité de « coordinateur des relations aux élus au sein de la délégation générale aux missions transversales et à la relation aux élus », précise la CRC dans son rapport. Mais les fiches de paie de l’agent le font d’emblée apparaître comme « responsable de service », occupant un poste qui « a vocation à être pourvu par le recrutement d’un fonctionnaire », ajoute-t-elle en précisant les conditions de rémunération prévues dans le cas contraire.

A 9.000 euros nets par mois, Ange Sitbon – dont le nom n’apparaît pas dans le rapport – perçoit « plus du double » de la moyenne des 97 responsables de services identifiés dans les fiches de paie de la Région en juin 2018, pointe la juridiction financière.

Selon elle, pareille rémunération, que l’exécutif régional justifie par le « haut niveau de technicité » et les missions du principal intéressé, « encourt le risque d’être considérée comme disproportionnée » par le juge administratif – si d’aventure il venait à être saisi.