Règles : Une sénatrice réclame l’expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques

FEMMES La sénatrice LREM Patricia Schillinger préconise l’expérimentation de la gratuité des protections menstruelles dans les lieux fréquentés par les personnes précaires, les prisons et les établissements d’enseignement

20 Minutes avec AFP

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Strasbourg: Les écologistes demandent à la ville de s'engager sur les protections périodiques (Illustration)
Strasbourg: Les écologistes demandent à la ville de s'engager sur les protections périodiques (Illustration) — M. Libert / 20 Minutes

Pour lutter contre le « fléau » de la précarité menstruelle qui touche les femmes précaires, incarcérées et de nombreuses collégiennes et étudiantes, la sénatrice LREM Patricia Schillinger a recommandé, ce jeudi, d’expérimenter la gratuité des protections périodiques.

A l’occasion de la « Journée mondiale de l’hygiène menstruelle », en mai dernier, une mission d’information avait été confiée à Patricia Schillinger. « Travailleuses pauvres, femmes sans-abri, écrouées, habitantes de bidonvilles, étudiantes : beaucoup de femmes sont touchées par la précarité menstruelle », a-t-elle déclaré en remettant ses conclusions à Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité.

Une femme utilise 10.000 protections périodiques au cours de sa vie

« La gestion de l’hygiène féminine et l’accès à des protections périodiques relèvent des droits humains : de la dignité, de l’égalité entre les femmes et les hommes, de l’accès à l’éducation, de la santé des femmes », a-t-elle estimé. Au cours de sa vie, une femme utilise 10.000 protections périodiques. Selon une étude Ifop commandée en 2019 par Dons solidaires, citée dans le rapport, une sur dix renonce à changer de protection périodique aussi souvent que nécessaire par manque d’argent.

Dans son rapport, Patricia Schillinger préconise ainsi d’expérimenter pendant un an la mise à disposition gratuite de protections menstruelles dans les lieux fréquentés par les personnes précaires et accompagnées (centres d’accueil de jour, hôtels sociaux, centres communaux d’actions sociales), dans les prisons et les établissements d’enseignement (collèges, lycées, universités). Dans ces derniers, différents moyens pourraient être testés : près de l’infirmerie, dans les toilettes des filles ou dans les locaux de la vie scolaire.

« Dans quelques années on trouvera cela aussi naturel qu’avoir du papier et du savon »

Le budget, « difficilement calculable » selon la sénatrice, est estimé à 320.000 euros par département pour les femmes précaires, 79.000 euros pour les femmes écrouées (2.521 au 1er avril), et environ 20 euros par an par étudiante. Villes, intercommunalités, départements, régions, Education nationale : la sénatrice en a appelé à « tous les acteurs » pour « participer à l’expérimentation sur la base du volontariat », à l’instar d’initiatives prises à l’université de Lille, à l’université de Rennes 2, ou encore des « kits d’hygiène » distribués aux femmes les plus précaires par des associations.

« La libre distribution, sans demande préalable et sans contrôle, est la clé du succès », a insisté Patricia Schillinger, espérant que « dans quelques années on trouve cela aussi naturel qu’avoir du papier et du savon » dans les toilettes. « Il y a encore énormément de travail à faire sur ce sujet », a reconnu la secrétaire d’Etat, Marlène Schiappa. Elle a relevé « des pistes d’actions très concrètes » dans ce rapport, sans pour autant s’engager sur l’une d’elles pour le moment.