Brexit : « Une chance d’obtenir un bon accord », estime Boris Johnson, Bruxelles optimiste

NEGOCIATIONS Le président du Conseil européen Donald Tusk, a estimé que « les bases d’un accord » sur le Brexit étaient « prêtes » et pourraient se concrétiser dans les prochaines heures

20 Minutes avec AFP

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Jean-Claude Juncker et Boris Johnson
Jean-Claude Juncker et Boris Johnson — SIPA

Après des discussions marathon pour tenter de trouver un accord avec Londres sur le Brexit, Bruxelles a affiché son optimisme, ce mercredi, avec l’espoir qu’il serait « en train d’être finalisé », à quelques heures d’un sommet européen.

Le Premier ministre Boris Johnson a assuré, ce mercredi, lors d’un Conseil des ministres qu’il existait « une chance d’obtenir un bon accord » mais qu’il restait un « certain nombre de questions en suspens ». « Je veux croire qu’un accord est en train d’être finalisé », a réagi, de son côté, Emmanuel Macron depuis Toulouse, où il retrouvait la chancelière allemande Angela Merkel.

Encore « d’importants problèmes à régler », selon Michel Barnier

« On y est presque, c’est prometteur », a indiqué une source européenne, rapportant que l’ensemble des points problématiques étaient réglés « sauf l’application de la TVA pour l’Irlande du Nord ». « On n’y est pas encore », a toutefois nuancé un diplomate européen. Au même moment, une autre source de l’UE affirmait que « les discussions se poursuivent », signe de la fébrilité de ces dernières heures. A la mi-journée, le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, rapportant les propos du négociateur de l’UE Michel Barnier, avait averti qu’il restait « d’importants problèmes à régler ».

Signe de la difficulté des pourparlers, la réunion au cours de laquelle Michel Barnier doit informer les ambassadeurs des 27 sur l’état des négociations, prévue à 12 heures, a été reportée à 15 heures puis à 17 heures, avant de finalement s’ouvrir 30 minutes plus tard. Le président du Conseil européen Donald Tusk, maître d’œuvre du sommet, a estimé que « les bases d’un accord » sur le Brexit étaient « prêtes » et pourraient se concrétiser dans les prochaines heures. « En théorie, d’ici sept à huit heures, tout devrait être clair », a-t-il dit à Bruxelles. « On verra, je suis toujours optimiste », a-t-il ajouté. Un diplomate en poste à Bruxelles a confié avoir « rarement vu un conseil européen dont on ne connaît pas la veille l’ordre du jour ». Le sommet de jeudi et vendredi est théoriquement le dernier avant le divorce entre Londres et l’UE, prévu le 31 octobre.

Vers un troisième délai en l’absence d’accord ?

Les discussions ont porté sur plusieurs questions épineuses : la manière d’éviter le retour d’une frontière entre l’Irlande, membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, afin de préserver la paix sur l’île tout en permettant des contrôles douaniers. Ou encore le droit de regard accordé aux autorités nord-irlandaises sur l’accord de divorce. Dans la proposition de Londres, l’Irlande du Nord reste dans le territoire douanier du Royaume-Uni tout en appliquant les règles européennes pour les produits destinés à l’UE, selon des sources européennes. Les contrôles se feraient dans les ports et aéroports quand les produits pénètrent en Irlande du Nord, selon les mêmes sources. Leur suivi, qui suppose de faire confiance aux Britanniques, inquiète les Européens qui veulent protéger leur marché.

Malgré ces progrès, l’hypothèse d’un report du divorce reste dans tous les esprits, au moins pour le feu vert des Parlements britannique et européen. En l’absence d’accord d’ici le 19 octobre, une loi britannique impose à Boris Johnson de demander un nouveau délai – le troisième –, de trois mois, ce que le Premier ministre a exclu à de maintes reprises. Devant une commission parlementaire mercredi matin, le ministre du Brexit Steve Barclay a confirmé que le gouvernement respecterait la loi. « Mais c’est important que nous sortions le 31 octobre », a-t-il martelé. L’hypothèse d’un sommet supplémentaire d’ici le 31 octobre a circulé ces derniers jours.