Débat sur l’immigration : Edouard Philippe défend sa politique mais reconnaît n’avoir « pas atteint tous (les) objectifs »

AVEUX Un peu plus d’un an après le vote de la loi Asile et immigration, le Premier ministre, Edouard Philippe, a dressé un premier bilan de ce texte qui avait fragmenté la majorité

20 Minutes avec AFP

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Edouard Philippe, le premier ministre lors d'u point presse le 23 mai 2019 à l'Elysée.
Edouard Philippe, le premier ministre lors d'u point presse le 23 mai 2019 à l'Elysée. — Stephane Lemouton -POOL/SIPA

Un peu plus d’un an après son vote, le Premier ministre a fait le bilan de la loi Asile et immigration. « Depuis deux ans, nous menons une politique d’immigration sans coups de menton et sans naïveté » mais « nous n’avons pas atteint tous nos objectifs », a reconnu Edouard Philippe, ce lundi à l’Assemblée nationale, lors de l’ouverture du débat sur l’immigration.

« La lutte contre l’immigration irrégulière gagne progressivement en efficacité et donc en crédibilité », a-t-il défendu. Mais « clairement, nous n’avons pas atteint tous nos objectifs », a-t-il concédé.

Pas « d’immigration zéro » ou « d’immigration de remplacement »

« Nous devons poursuivre nos efforts et faire mieux. Sur la base de quels principes ? Avec quels moyens ? », a interrogé le chef du gouvernement, se disant une fois encore ouvert « à l’idée de quotas ». Il a cependant dénoncé les « fausses solutions » comme « l' " immigration zéro ", d’abord, dont on sait qu’elle n’a jamais existé dans le passé et qu’on imagine encore moins dans un monde ouvert et hyper-connecté » et « l' " immigration de remplacement ", vocable d’une laideur certaine, qui fait appel aux ressorts les plus détestables du complotisme ».

Le Premier ministre a en outre reconnu « des dérives communautaires », « une sécession insidieuse dont nous ne voulons pas », se disant prêt à avoir un débat sur le sujet et « répondre aux inquiétudes de nos compatriotes ». « Mais c’est un débat en soi, qui pose d’autres questions que celles de la maîtrise des flux migratoires et de l’accueil des ressortissants étrangers qui nous réunissent aujourd’hui », a-t-il conclu.